2019 – Semaine internationale des Droits des Femmes

Dans le cadre du projet, Le Centre F / H – Verviers a présenté deux documents Powerpoint aux apprenants ALPHA / FLE le lundi 11 mars dernier. 

 

Le premier était consacré à un rappel de l’évolution de la condition des femmes à travers les temps.

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En découvrant les pionnières comme Olympe de Gouges, « La belle Liégeoise », Marie Popelin, Marie Mineur et quelques dates importantes, le public a pu réaliser combien les acquis actuels sont récents et l’importance de continuer à lutter pour réduire les inégalités liées au genre.

Avec l’exposé de Martin Goblet, les participants ont pu découvrir l’Histoire des droits des femmes en Belgique appelée communément la « Journée internationale des femmes », mais qui s’appelle en réalité :
« Journée Internationale des Droits des Femmes ».

Le deuxième traitait de l’évolution de Hodimont au fil du temps …  Gros succès avec 46 participants

Avec Jeannine Gerlach, native de Hodimont et passionnée par son lieu de naissance, ils ont découvert l’histoire du quartier de Hodimont : ses industries, ses rues, ses commerces…

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L’exposé se termina sur une jolie fresque du quartier avec la citation de l’écrivain Khalil Gibran « La terre est ma patrie et l’humanité ma famille ».

 

2018 – La prostitution des mineurs et des jeunes en Belgique

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Le 1er juin 2018, isala co-organisait un colloque sur un sujet d’actualité mais très peu discuté par les pouvoirs publics belges. Il était temps que la prostitution des jeunes et des mineur-e-s soient visibilisée pour que des actions puissent être mises en place.

Prostitution étudiante, jeunes filles nigérianes prostituées dans les rues de Bruxelles, exploitation sexuelle d’enfants en Belgique et ailleurs… La prostitution des mineur-e-s et des jeunes est une réalité qui a fait parler d’elle récemment (affaire RichMeetBeautiful), mais qui reste ignorée des politiques publiques. C’est pourquoi isala, le Centre femmes-hommes de Verviers et Le Monde selon les femmes, ont décidé d’organiser un colloque le 1er juin dernier, à Verviers.

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Les intervenant-e-s invité-e-s ont chacun-e apporté un éclairage sur le thème du colloque : la réalité de la prostitution des enfants en Belgique (Ariane Couvreur, ECPAT), le contexte légal belge (Pascale Vielvoye, Espace 28), la culture du viol et d’hypersexualisation qui (Pascale Maquestiau, Le monde selon les femmes), la réalité à laquelle sont confrontées les associations de terrain (Pierrette Pape, isala asbl). Pascale Rouges, survivante, a partagé son histoire : « C’est seulement quand on en sort qu’on réalise les séquelles à vie qu’on va garder de la prostitution ». Son témoignage a permis de casser plusieurs mythes sur la prostitution, dont celui du choix ou l’image positive dont bénéficient les clients : « Du moment que la jeune femme a des formes, le client ne se pose pas la question de son âge, il achète ».

La prostitution étudiante a également été abordée, étant donnée l’apparition en septembre dernier de la publicité RichMeetBeautiful devant les universités (alors que la publicité pour prostitution est interdite en Belgique). Pierrette Pape a rappelé un certain nombre de mythes sur cette forme de prostitution qui n’est pas différente, dans son impact (psychologique, décrochage, isolement) et ses causes (précarité, situation personnelle et familiale), des autres formes de prostitution, mais qui semble mieux acceptée grâce au marketing stratégique des proxénètes (comme l’utilisation de termes anglais ‘sugar daddy’… qui se traduirait par « papa en sucre » !!). Stephan Durviaux, représentant le Ministre de l’aide à la jeunesse Rachid Madrane, en a profité pour rappeler l’existence du site www.stopprostitutionetudiante.be qui permet de sensibiliser et renseigner les jeunes à risque ou concerné-e-s. Les deux vidéos qui n’ont pas pu être montrées pour des raisons techniques sont disponibles à la fin de cet article.

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Une table ronde des politiques a conclu le colloque : Sophie Lambert (échevine PS de l’égalité des chances de la ville de Verviers), Isabelle Stommen (députée callone cdH) et Hélène Ryckmans (députée wallone Ecolo) ont échangé sur leur vision respective. Toutes considèrent la prostitution comme un obstacle à l’égalité femmes-hommes et souhaitent voir une action plus claire du fédéral. Une belle conclusion transpartisane qui permettra, nous l’espérons, une action concertée des partis vers une vraie politique publique abolitionniste.

Merci à tous les partenaires pour ce colloque réussi !

2017 – Rencontre conviviale en hommage à Guy Corneau

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Guy Corneau nous invite à passer au crible les différentes possibilités qu’a une personne de se reconnecter avec soi-même, indépendamment des injonctions sociales, familiales et/ou culturelles qui formatent ses comportements suivant des attentes qui sont généralement présentes dans son inconscient.

 

L’être humain se laisse façonner par des attentes externes à lui (émanant de ses parents, de son entourage, du cadre scolaire ou de la société), pour satisfaire différents types de besoins :

 

  • un besoin de reconnaissance ;
  • un besoin d’appartenance et d’affiliation aux autres (affection) ;
  • un besoin de rencontrer l’approbation d’autrui.

 

Ces différents besoins régulent sa recherche d’un lien affectif, tout au long de sa vie. Ils le conduisent à produire des comportements attendus, voire normés, au mépris, parfois, de certains de ses besoins fondamentaux qui lui sont propres. Les choix qu’un être humain fait, respecte ainsi, plus ou moins, ses désirs, ses besoins personnels.

 

Si les choix qu’il privilégie se distancient de ceux qui refléteraient davantage sa « vraie » personnalité, ce que Guy Corneau entend par « le meilleur de soi », un conflit survient, qui peut provoquer des tensions, psychiques, mais aussi physiques, chez la personne.

 

Le corps peut traduire ces tensions, par des courbatures et des raideurs, telles une « cuirasse » qui camoufle le véritable soi qui peine à s’exprimer ou à se réaliser. C’est une souffrance qui ne peut se réduire que si la personne tente davantage d’être à son écoute.

 

Etre à son écoute, c’est reconnaître, dans le cas d’une souffrance, que certains de ses choix ne sont pas conscients et authentiques. Par exemple, Une personne qui ne dit mot et consent pour s’adapter à son conjoint fait fi de son besoin d’accéder à la parole et d’être entendu(e). Un partenaire toujours prêt à agir et à rebondir cherche peut-être à échapper à une crainte sourde de n’avoir personne sur qui s’appuyer, qui prendrait le relais.

 

C’est ainsi que dans des choix stéréotypés ou « réflexes », certaines personnes peuvent se rencontrer dans des formes complémentaires d’un même mal-être, et ne pas pouvoir véritablement exister (au sens le plus complet du terme), l’un(e) aux côtés de l’autre.  Cette complémentarité dysfonctionnelle peut aussi se retrouver avec sa famille, avec un emploi … Et laisser de côté des choix qui seraient davantage respectueux de la personne elle-même.

 

Guy Corneau insiste sur la difficulté d’accéder à un véritable changement. L’habitude vient prendre le pas là où le désir, le besoin personnel, n’a plus sa place. Dans cette situation, la compensation peut devenir une échappatoire (consommation d’alcool, de tabac, de nourriture, de friandises), voire même une compulsion (usage quotidien irrépressible). L’enjeu de ce type de comportements est de se trouver « un peu moins mal » plutôt que « vraiment mieux ».

 

En faveur du véritable changement, Guy Corneau préconise différentes pistes :

 

  • Ouvrir le champ de la parole (avec son entourage, ses proche, ensemble ou seul(e) en thérapie) ;
  • Retrouver l’élan vital par des souvenirs vivaces qui traduisent intérêt et la créativité de la personne, dans un certain registre (art de transmettre, de soigner, de construire ou de créer de façon artistique) ;
  • Retrouver un état de détente qui permette d’accéder au bien-être via des sensations agréables et apaisantes, propices à laisser émerger les goûts, aspirations et désirs refoulés de la personne ;
  • Etre en connexion avec l’ensemble des cinq sens pour apprécier, et prendre la mesure des belles choses (expérience vécue, expérience visuelle et esthétique etc.) qui sont présentes au sein de l’environnement proche ;
  • Bouger, vivre, expérimenter, être au contact d’un vécu et d’un ressenti personnels, pour goûter au meilleur de ce qui peut être appris par soi-même ;
  • Se rendre utile aux autres et ce faisant, participer à un épanouissement, une possibilité de réalisation qui dépasse sa seule personne. Se situer au monde, comme faisant partie de « quelque chose de plus grand » ;
  • Pouvoir identifier en soi-même les forces et les pensées reliées à l’habitude d’une action (synonyme de confort et de sécurité) et celles qui nous permettent d’expérimenter et de se déployer davantage vers l’extérieur, vers de nouveaux choix et de nouveaux possibles.

 

Ces différentes pistes ne demandent pas autant d’efforts qu’il n’y paraît, à première vue. La spontanéité de l’enfance et les émotions auxquelles il est laissé librement cours, sont autant de guides qui rapprochent la personne d’elle-même.

 

Enfin, savoir choisir de laisser émerger un désir, une impulsion, aussi petit(e) soit-elle, est toujours un premier pas qui rend davantage, à chacun(e), la liberté d’être soi-même.

 

Katja LONEUX,

Psychologue.

 

 

2017 – La condition des femmes en prison

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Présentée par: 

Solange Pourveur, Présidente de l’AVFPB

Alain Houart, Docteur en droit à l’Ulg

La Présidente, Jeannine Gerlach, a présenté les deux intervenants de la soirée puis elle a passé la parole à Monsieur Houart.

Monsieur Houart a expliqué que l’univers carcéral était un vaste sujet.

La prison est-elle utile, efficace, surpeuplée ?  Devrait-elle être supprimée ?  Qu’en savons-nous réellement ?

Le but de la rencontre est de répondre à ces questions après avoir effectué un panorama de la vie carcérale en Belgique et de la condition des femmes en prison.  C’est un sujet important même si le nombre de femmes en prison n’est que de 300 à 400 pour la Belgique.  Cette situation est compliquée car les femmes sont souvent des mères de famille et elles supportent difficilement l’enfermement.

L’incarcération des femmes a plusieurs causes : les complicités de vol, les escroqueries, la vente de drogue, les trafics en tous genres, les infanticides, …  Le panorama des prisons en Belgique permet de constater que nous avons effectivement trop peu de prisons.  La prison de Lantin est très vétuste et la prison de Verviers est désertée depuis 2013.  Elle sera d’ailleurs entièrement démolie pour être reconstruite de façon plus  moderne (240 places).

D’importants changements sont en cours au niveau des prisons belges.  Il y a 11 500 prisonniers en Belgique mais actuellement, il n’y a de place que pour 8 500 personnes.  Cela signifie que la dignité humaine n’y trouve pas son compte et qu’il faut prendre des mesures importantes.  Les visiteurs de prisons connaissent les problèmes annexes au fait d’être enfermé en prison et ils essaient de les résoudre dans la mesure du possible.  La prison sert à punir mais la plupart des prisonniers devront par la suite être réinsérés dans la société.  Pour ce faire, il faut que leurs conditions de vie respectent non seulement la dignité humaine mais ménagent également des possibilités de réinsertion.

L‘objectif est de permettre une réinsertion et d’éviter la récidive.  Chaque prisonnier doit avoir la possibilité de reprendre une vie normale après avoir effectué sa peine.

Monsieur Houart s’est interrogé sur la vie quotidienne en prison et il s’est rendu compte qu’on n’en connaissait généralement rien.  Quant à la vie des femmes en prison, on n’en connaît pas grand-chose non plus, hormis ce qui est présenté dans des films.  L’exposé de Madame Pourveur est précieux à plus d’un titre.  En effet, son rôle de Présidente des Visiteurs francophones de prisons de Belgique fait en sorte qu’elle se rend en prison très régulièrement et qu’elle connaît la vie quotidienne des détenus.  Elle est donc à même d’expliquer ce que pensent les prisonnières et ce qu’elles ont à revendiquer car elle les écoute et les comprend.  Son expérience est vraiment très précieuse dans ce domaine.

 

Madame Pourveur a ensuite pris la parole.

Avant la création des prisons, il existait des bagnes, des galères et des donjons dans lesquels les prisonniers étaient incarcérés.  On a inventé les prisons à la fin du 18ème siècle pour y enfermer les femmes et donner un aspect plus humain que par le passé à leur détention, ce qui était évidemment totalement faux et très loin d’être plus humain.   Aujourd’hui, la prison a perdu de son sens.

On se demande pourquoi on enferme les gens car rien n’est prévu durant la peine pour les aider à se réinsérer.  Les prisonniers en ressortent avec encore plus de haine qu’à leur entrée et sont encore plus dangereux et ingérables.

 

Il existe 35 établissements pénitentiaires en Belgique mais la prison de Verviers n’est pas reprise dans la liste car elle est inoccupée depuis 2013 et sera bientôt reconstruite pour 2025 au plus tard mais cela n’est pas certain.  Il y aurait alors 240 places.   Chaque province a son / ses établissement(s) pénitentiaire(s).

En 2016, il y avait 10 619 détenus alors que la capacité totale des prisons est de 9 629 places.  Les prisons sont donc fortement surpeuplées.  Il y a 1 601 détenus avec un bracelet électronique.  Vivre sa peine avec un bracelet électronique est une vraie peine car ces personnes n’osent pas sortir de chez elles sauf pour aller travailler.

 

Avant de visiter les prisonniers de Lantin, Madame Pourveur se rendait à la prison de Verviers mais en 2013, cette prison a cessé de fonctionner.  Elle rencontre les prisonniers à leur demande.  La prison de Lantin s’étend sur 12 hectares et est assez immense.  Elle est relativement complète (policlinique, quartier femmes, salles de travail, régie, corps de garde, …).  Ses salles sont crées en forme d’alvéoles car le corps de garde doit avoir une vue sur toutes les ailes grâce à de grandes baies vitrées.  Le Ministre actuel travaille actuellement sur des modifications qu’il souhaite faire appliquer concernant l’enfermement et les peines.  Le Master Plan III a pour but de détruire la prison de Lantin au profit d’une maison d’arrêt beaucoup plus petite et plus fonctionnelle.  Il faut beaucoup de temps pour se déplacer d’un endroit à l’autre et une maison d’arrêt plus petite sera vraiment plus pratique.

 

Madame Pourveur signale que, contrairement à ce qu’explique Monsieur Houart, les détenus sont mélangés.  Il n’y a pas de tri dans les détenus selon les actes qu’ils ont commis et il arrive fréquemment qu’un petit dealer soit placé en cellule avec un caïd, ce qui est très dangereux pour lui et anormal. La Loi n’est pas toujours appliquée en pratique.

 

Quelle est la population dans les prisons ?

Les prévenus (33.50 %) peuvent ressortir innocentés après avoir effectué des mois de prison.  Il y a 58 % de détenus condamnés, 10 % d’internés qui n’ont pas leur place en prison mais comme les hôpitaux psychiatriques sont complets, ces malades passent entre 2 à 4 ans en prison.  C’est énorme et très long.  Leur place n’est certainement pas en prison.  Il reste les jeunes mineurs (très peu), les sans-papiers et les vagabonds (1 %).  La majeure partie des détenus sont Belges (56 %) suivis par des ressortissants marocains.  Il y a évidemment de nouveaux Belges dans ces 56 %.

 

Concernant les femmes :

9 prisons ont un département réservé aux femmes mais cependant, la surpopulation existe aussi chez elles.  Le 26 avril 2017, on a ouvert officiellement une « Section Femmes » car il y avait trop peu de prisons pour femmes.  On y a directement incarcéré 28 femmes.

Le profil des femmes incarcérées est lié à la société qui devient une société d’exclusion.  La pauvreté augmente et l’incarcération suit car enfermement et pauvreté sont liés.  Plus le niveau social est bas, plus il y a de personnes emprisonnées et cela se vérifie via des études et les courbes se superposent au niveau des graphiques dans les statistiques.

55 % de ces détenues n’ont pas de diplôme de l’enseignement secondaire et 30 % n’ont même pas obtenu le diplôme d’enseignement primaire.  Elles proviennent souvent de milieux défavorisés et ont déjà connu beaucoup de souffrances et ont été presque toujours été témoins de la précarité familiale (violences conjugales et intrafamiliales, père chômeur, l’alcoolisme, l’inceste, …).  Leurs parents n’avaient pas un emploi stable.  On peut dire que la prison est donc un lieu de pauvres.  Ces femmes reproduisent ce qu’elles ont vécu et la majorité d’entre elles a connu de grandes carences affectives.  Une autre étude montre que 75 % des femmes emprisonnées sont des utilisatrices problématiques des drogues et de l’alcool.  Les actes délictueux sont multipliés avec la consommation de stupéfiants.  Les causes de leur enfermement sont multiples: trafics de stupéfiants, violences sous l’emprise d’alcool, agressions, infanticides, assassinats ou complicités d’assassinat (meurtres prémédités), maltraitances des enfants, …

Lorsque les femmes sont incarcérées, elles se soumettent immédiatement à diverses démarches administratives dès leur entrée en prison et perdent leur identité pour prendre un numéro d’écrou.  On les prend en photo et on prend leurs empreintes digitales.  Elles doivent dès lors abandonner leurs vêtements civils, se laver et revêtir l’uniforme pénitentiaire.  Elles sont ensuite examinées par les médecins qui détectent les toxicomanes et les femmes enceintes.  Elles sont ensuite emmenées auprès du directeur de la prison qui leur explique la raison de leur incarcération car certaines ne comprennent pas pourquoi elles sont incarcérées.  Une assistante sociale les rencontre dans les 4 jours suivants pour leur expliquer la vie en prison, le déroulement de la journée ainsi que les horaires.  Elles reçoivent leur fiche d’écrou où tout est indiqué (rencontres avec leur avocat, visite au parloir, …).  Toutes les détenues sont logées dans une cellule duo et parfois trio dans certains cas.  Chaque cellule fait 9 m² et il y a deux lits, une table, deux chaises, un évier et un wc.  C’est vraiment minuscule et il n’y a aucune intimité.  Elles doivent s’arranger et faire des concessions pour vivre de manière correcte leur détention afin que cela se passe du mieux possible.  Il leur est difficile de se laver devant les autres détenues et d’éviter les moqueries.  La promiscuité est permanente et gênante.

Les femmes qui n’ont pas de petit boulot en prison restent 24 h / 24 en cellule et certaines n’ont plus aucun repère ni d’idée du jour ou de l’heure et sombrent petit à petit dans la folie.

Il y a moyen d’acheter certains produits en prison mais ils sont nettement plus chers que dans le commerce.  La différence de prix se retrouve dans une caisse permettant d’aider les personnes les plus démunies.  Tout se paie en prison (par ex : TV : 19 € / mois mais aucune chaine germanophone disponible – frigo : 6 € / mois) et on constate de grandes difficultés à vivre à deux en cellule car tout se négocie.

 

Comment se passent la journée en prison ?

Au quotidien, la vie est rythmée par les visites des familles et les procédures administratives (Chambre du Conseil,  Service d’Aide Sociale aux Justiciables, …).  Dans la brochure « L’essentiel », tout est expliqué sur la détention mais certaines ne savent pas lire et ne comprennent pas les termes du livret.  Le matin, la plupart des femmes se lèvent à 6 h 30 et les départs vers la régie ont lieu à 7 h 40 pour débuter la journée de travail.  L’idéal serait de leur donner des perspectives d’avenir en leur apprenant un métier.  Pour s’occuper, elles travaillent mais ne gagnent pas plus de 0.72 € ou 0.92 € par heure lorsqu’elles acceptent de travailler.  Le travail n’est pas très important en prison et seuls 1/3 des prisonniers travaillent et touchent une petite gratification (- d’1 € par heure).  Il ne s’agit en aucun cas d’un salaire.  Il arrive que certaines heures ne leur soient pas comptées et le rôle des visiteurs de prison est de faire en sorte qu’elles reçoivent la totalité de cette petite somme bien utile pour leurs petits achats.  Certains prisonniers entretiennent les couloirs, les parloirs, s’occuper du linge, …  et de cette manière, ils restent actifs et ont une occupation.

Certaines entreprises confient du travail à la prison et le travail est effectué correctement.  Actuellement, les détenues sont occupées par la couture de housses mortuaires.

Elles reçoivent 1.80 € par heure si elles tiennent une bonne cadence durant la journée de travail de 6 heures.

 

Si nécessaire, les prisonnières peuvent consulter le médecin mais elles doivent en avoir fait la demande la veille, sauf en cas d’urgence.  A Lantin, il y a un excellent éducateur qui rend un peu d’estime de soi aux femmes dont il s’occupe et il a proposé plusieurs activités très suivies comme de la musculation, un atelier de cuisine, …

 

Qu’en est-il des visites ?

Si le visiteur n’est pas de la famille du détenu, il doit rédiger sa demande par écrit au directeur et l’accompagner d’une lettre de motivation.  Il faudra compter environ 3 mois pour obtenir la réponse.

Les visites à tables sont possibles sous certaines conditions.

Le parloir individuel permet aux détenus de rencontrer leur visiteur.  Le détenu reçoit sa famille (3 personnes maximum) durant une heure.  Les visites internes d’une heure entre détenus peuvent être organisées pour qu’un couple se retrouve à certaines occasions.  Les visites maman / enfant sont gérées par le « Relais Parents / Enfants ».  Il y aussi des visites sans surveillance comme c’est le cas pour les visites intimes d’un couple qui se retrouve dans une chambre à coucher prévue à cet effet.  La sexualité reste présente en prison même lorsque les personnes sont enfermées et cela peut poser des problèmes de jalousie et entraîner des discussions.  La méchanceté est très fréquente.

Il y a aussi les visites de familles dans un endroit plus intime permettant de discuter à l’aise.  Elles durent deux heures et peuvent se tenir deux fois par mois.

Les détenues prennent ensuite l’air dans le préau pendant une heure et se rencontrent pour discuter.  L’après-midi, il y a encore des visites et une sortie en préau s’il y a assez d’agents de surveillance.  Autrement, toutes les activités sont supprimées, ce qui augmente encore le stress, la rancœur et la haine.

 

Quelles sont les activités ?

Les activités ont lieu par niveaux : soit dans un couloir, soit dans des pièces pour les personnes les moins dangereuses.  Il n’y a pas de réfectoire dans les prisons et les détenues mangent seules ou à deux en cellule.  Le soir, à 19 h 30, elles réintègrent toutes leur cellule.

Les personnes qui n’ont pas de famille ont la possibilité de faire laver leur linge à la prison.  Pendant les grèves, certains ont dû garder les mêmes vêtements durant plus d’un mois.  C’est une situation intolérable !  Il y a aussi une bibliothèque, un petit jardin pour y planter des légumes et organiser un repas à quelques reprises durant l’année, …  Des nutritionnistes leur expliquent aussi comment bien manger.  Il y a aussi un atelier zumba et d’écriture.  Un cours de fitness débutera prochainement.

Malheureusement, on constate que les droguées font toujours bande à part et c’est triste de ne pas réussir à les intéresser davantage aux activités proposées.

Le Service d’Aide Sociale aux Justiciables aide les détenues à prévoir leur réinsertion dans la vie civile.  Certaines rares détenues souhaitent se perfectionner et suivent des cours par correspondance.  Les éducateurs du SAJ les soutiennent.  Il existe aussi un module d’aide à la réinsertion (CPAS, chômage,  ..) qui a lieu 6 mois avant la sortie des détenues.

Les activités ne sont pas qualifiantes et ne donnent pas accès à un diplôme.  Elles devront passer le Jury central pour y parvenir.

Un ou deux concerts de musique ont lieu chaque année et ils sont toujours appréciés car les distractions sont rares.  Certaines activités sont payantes comme l’accès à une esthéticienne ou une coiffeuse, une fois par mois.

 

Et pour les détenues accompagnées de leur enfant (jusqu’à l’âge de 3 ans) ?

Un couloir prolonge le couloir de détention et est séparé des autres détenues lorsqu’elles ont un enfant en bas âge.  Les chambres sont un peu différentes et individuelles.  Elles ont un accès au jardin.  Auparavant, elles accouchaient à Bruges mais maintenant, elles accouchent à la Citadelle.  Au fond de l’aile, il y a une salle de jeux et une cuisine.  Il arrive qu’un bébé malade soit emmené à l’hôpital et que la maman ne puisse l’assister, ce qui n’est pas toujours facile pour elle.

L’enfant ne peut pas se trouver dans le préau avec les autres détenues mais il doit rester avec sa mère le plus à l’écart possible de ce milieu où un enfant n’a pas sa place.

 

La rencontre s’est terminée par une séance de questions / réponses avec le public.

2017 – L’alcoolisme au féminin

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La Présidente a expliqué le déroulement de la soirée et présenté le neurologue Léon Burton qui a été sollicité pour animer la rencontre/débat.

Ensuite, nous avons visionné un reportage vraiment captivant sur l’histoire de Laurence Cottet, cadre supérieure, malade alcoolique depuis des années.  L’alcool a ruiné sa vie.  Elle a commencé à boire à l’âge de 14 ans lors de fêtes de familles et autres concours hippiques.   Durant ses années de travail, elle buvait également beaucoup (alcoolisme mondain).   C’est lors du décès prématuré de son mari qu’elle a sombré totalement dans l’alcoolisme et à force de boire sans cesse, elle a perdu son travail, ses amis, sa famille et presque la vie car elle était au bord du suicide …  Après avoir eu un déclic salvateur au moment de sa tentative de suicide, elle a enfin pris conscience de la valeur de la vie et a tout fait pour se reprendre en main.  Son corps et son cerveau n’ont miraculeusement pas subi de dommages.  Depuis lors, elle n’a plus jamais bu la moindre goutte d’alcool.  Comme elle n’avait plus de travail et qu’elle souhaitait aider les alcooliques, elle a tenu à témoigner de son histoire et pour ce faire, a créé des groupes de paroles au sein de son association H3D (H3D signifie : Honte – Honnêteté – Humilité – Désir).  Ceux-ci fonctionnent bien et les témoignages des gens qu’elle a aidés prouvent qu’elle leur a, en quelque sorte, sauvé la vie.  Ce témoignage bouleversant a beaucoup plu au public qui a compris les rouages et la perversion de l’alcool.  Le malade alcoolique est constamment enfermé dans un cercle vicieux duquel il aura les plus grandes difficultés à sortir s’il n’est pas aidé et s’il n’en a pas la volonté.  Il s’agit d’une maladie insidieuse et on ne se rend compte des dégâts que très tard.  A ce moment-là, il est très difficile d’agir sans avoir une aide médicale et psychologique car le corps réclame toujours plus d’alcool et le malade n’a plus la force de résister et se laisse emporter dans ce tourbillon.

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Le Docteur Burton a trouvé le reportage présenté particulièrement bien réalisé et il a constaté qu’il avait, pour sa part, énormément de points communs avec Laurence Cottet.  Cela fait 21 ans qu’il est totalement abstinent et qu’il vie nt en aide aux malades alcooliques.  Son travail de neurologue lui fait rencontrer des alcooliques et il constate au quotidien combien il est difficile de se sevrer de l’alcool.

 

L’alcoolisme se retrouve dans toutes les tranches de la société et touche 10 % de la population.  Chaque personne est différente et sera touchée au cas par cas selon ses antécédents et sa résistance.  L’alcool et le tabac sont des toxiques puissants et on les trouve pourtant en vente libre contrairement à la drogue alors que l’addiction est similaire.    Le cannabis est nettement moins dangereux que l’alcool s’il est consommé de façon très occasionnelle et qu’il n’a pas été trafiqué avec d’autres substances addictives.

 

Deux personnes soumises, par exemple, à la perte d’un proche auront le même chagrin mais la seule qui boira, c’est l’alcoolique.  Le cerveau du malade alcoolique est détraqué.  Le neurologue Fouquet disait : « Est alcoolique la personne qui a perdu la liberté de boire de l’alcool ».  Une fois qu’on ne peut plus délibérément s’en passer, on est considéré malade alcoolique.  C’est le 1er verre qui enclenche la rafale de l’exponentielle croissance.  Au départ, on boit un 1er verre à la communion solennelle ou lors d’une occasion quelconque et on se rend compte qu’il y a un effet euphorisant, qu’on est dans l’ambiance et plus gai.  On a tendance à renouveler l’expérience et de fil en aiguille, chez le malade alcoolique, la fréquence des occasions s’accentue et le malade finit par les provoquer de plus en plus souvent.

Toutes sortes de choses font que les occasions s’accentuent et l’effet « positif » de l’alcool va disparaître.  L’effet anxiolytique et l’effet flash auront une durée très courte dans le temps au fil de la consommation mais le corps réclamera de l’alcool.

Pour finir, la situation de consommation d’alcool n’aura plus aucun effet mais permettra au malade de tenir la tête hors de l’eau et de ne pas sombrer.

Puis il surviendra tôt ou tard un électrochoc (qu’on peut qualifier de secousse sismique) qui fera prendre conscience au malade qu’il est temps de réagir.

 

L’alcoolisme au féminin n’est pas tellement spécifique car une femme alcoolique et un homme alcoolique sont pareils.  C’est surtout le regard des autres qui diffère.  Une femme sera considérée comme une traînée alors qu’un homme sera considéré comme un bon vivant.  La consommation de la femme sera plus discrète et plus cachée tandis que l’homme consommera au café.  Par contre, la souffrance et les dégâts sont les mêmes.

 

Il est important d’informer sur le problème de l’alcool car par un témoignage, on peut faire prendre conscience aux malades du problème et les aider à un bon rétablissement (via les groupes de parole des Alcooliques Anonymes – Interface – …).

 

Le Docteur Burton est Président d’Interface et intervient régulièrement dans des groupes de parole pour aider au traitement des maladies alcooliques, y témoigner de son vécu ou retrouver des amis pour des activités communes.

 

Après la rencontre, une séance de questions / réponses animée a eu lieu et a permis au Docteur Burton de donner des explications complémentaires aux participants qui avaient encore quelques questions à poser.

2017 – Apprendre à mieux comprendre les adolescents

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Présentée par:

Hubert Verviers, coach/psychologue

Le conférencier explique que les adolescents sont des êtres qui provoquent chez certains de la jalousie et chez leurs parents beaucoup de cheveux blancs, voire des problèmes.

L’adolescence commence au début de la puberté.  Les hormones travaillent et les jeunes se posent toute une série de question.  Elle se termine vers 18 ans mais il arrive que certains restent adolescents plus longtemps alors que l’adolescence marque le début de la maturité.  Il s’agit d’une période de transition.

 

Pour bien comprendre ce que les jeunes peuvent encaisser, il faut imaginer qu’on est au bord d’un lac et qu’on jette une pierre au fond.  Elle fait des cercles qui deviennent tout le temps moins marqués.  C’est un peu le dessin de la société.  La pierre, au milieu, représente les personnes, et en l’occurrence les adolescents et les cercles représentent les personnes importantes pour eux.  Dans le premier cercle, il y a le père, la mère, la famille, la petite-amie, …  Dans le deuxième cercle, il y a les copains, membres d’un club sportif, des membres de la famille, …  Dans le troisième cercle, il y a les personnes qui sont entrées et sorties de la famille comme par exemple, la caissière du supermarché, une vague connaissance, un élève de la même classe que l’adolescent, …  Un échange peut se produire entre ces cercles et les personnes sont interchangeables.  La personne du centre ne change jamais.  Tous ces cercles composent la vie du jeune et c’est son monde mais son monde n’est pas le monde.  Il s’agit de la carte géographique de l’adolescent.

 

Le jeune doit construire son identité et apprendre à exister par lui-même et se passer de ses parents qui se heurtent alors à une personne qui a toujours raison et cela peut poser des conflits.  Son besoin d’exister et de faire ses choix passe par l’obligation de couper le cordon.  Son indépendance se construit et son sens de la justice est plus important mais il n’a pas encore tout à fait la notion de justice.  La compassion n’existe pas vraiment à ce stade.  Il veut retrouver la confiance en lui mais aussi dans les autres.  Il gère le temps à sa manière et peut avoir sa propre gestion financière et amoureuse et si on choisit trop pour lui, il fera le contraire par réaction.  Les parents doivent essayer de lui allouer un budget contrôlé et de le rendre responsable de ses finances.  Le but est de rendre l’adolescent de plus en plus indépendant pour qu’il puisse assumer ses choix.

 

Abraham Maslow, connu pour sa célèbre pyramide, a classé les besoins selon plusieurs catégories :

  • Les besoins physiologiques : manger, boire, procréer, …
  • Les besoins de sécurité : toit, sécurité sociale, assurances, protection, …
  • Les besoins d’appartenance : famille, bande de jeunes, groupe sportif, mouvements de jeunesse, …

 

Les jeunes qui ont participé à des mouvements de jeunesse se sont pliés à des règles et ont donné une part d’eux-mêmes.  C’est très important pour leur futur car les employeurs sont attentifs à cette compétence.  Qu’est-ce que les jeunes donnent aux autres ?  Ce palier d’estime réciproque est important.  C’est ainsi que cela fonctionne dans une entreprise.

Le directeur doit être conscient que des personnes servent l’entreprise et ces personnes doivent être conscientes qu’il faut un chef.  L’estime de soi passe par l’accomplissement de soi-même (qu’est-ce que je vaux ?, qu’est-ce que je peux ?,…).

Il faut tenir compte du : VOIR / JUGER / AGIR (ex : j’ai froid / que puis-je faire pour ne plus avoir froid ? / je ferme la fenêtre).  Chacun peut voir et juger mais seuls 30 % des jeunes agissent.  Quand il s’agit d’agir, c’est plus compliqué.  On s’aperçoit que les volontaires / bénévoles sont souvent des personnes passées par des mouvements de jeunesse ou des clubs sportifs dans lesquels ils se sont impliqués.  La solution ne peut pas toujours fonctionner mais pourtant, il  ne s’agit pas d’un échec mais d’une expérience et il reste encore beaucoup de possibilités pour trouver une autre solution.  Le fait de ne pas atteindre le but ne fait pas de l’adolescent un raté.  Le chemin qui mène à la réussite est long mais le premier pas est le plus important.  Quand on n’y arrive pas, on souligne les choses en les critiquant.  Les critiques qui ne sont pas constructives ne permettent pas à l’adolescent d’avancer et ses démarches seront souvent négatives car à la longue, il finira par perdre confiance en lui.

 

Pour arriver à comprendre le cheminement de la pensée, il faut parler du complexe d’Œdipe.  Si on prend la question du petit garçon qui veut se marier avec sa maman, on constate qu’il est réellement amoureux.  Il est tout naturel pour lui de vouloir se marier avec sa maman qui lui expliquera que c’est impossible en lui donnant des explications.  Il repose parfois la question sous différentes formes.  La maman peut s’énerver légèrement car l’enfant ne comprend pas pourquoi c’est impossible.  S’il insiste encore, il peut penser à tort que la maman veut l’éjecter et il passera alors par une phase de négociation.  L’apprentissage du « non » et de la négociation arrivent à ce stade.

 

Dans un couple, il arrive qu’il y ait des querelles.  Elles sont obligatoires car si on cache les disputes, l’adolescent vivra dans un monde où les problèmes n’existent pas et cela n’est pas la réalité.  Cela lui permettra de se rendre compte que les disputes font partie de la vie et il s’inscrira dans sa mémoire que toute querelle peut déboucher sur une solution via des négociations.  Le jeune voit des choses concrètes et essaie de négocier pour ses sorties, son argent de poche, …

« Tu dois parce que … » pour les enfants vers « Parce que … tu dois … ».  Vers la fin de l’adolescence, ça deviendra « Parce que, tu devrais … ».  A l’âge +/- adulte, il se dira « Parce que … je dois … ».  A ce moment-là, il sait agir, a une autonomie, une indépendance, une estime de lui et un meilleur esprit de synthèse.

 

Il est important que notre cerveau enregistre des images positives pour que notre inconscient travaille sur une base positive.  Il faut se fixer des objectifs réalisables nécessitant des engagements dès le début.  Si le jeune est dépassé, il devra se faire conseiller.  Le manque d’estime de soi est un obstacle car l’adolescent ne se sent pas capable d’y arriver.  Ce n’est pas toujours simple.  Quand le jeune a eu un gros conflit la veille, le lendemain, il ne va pas toujours mieux.  Il faut pouvoir accepter les choses qu’on ne peut vaincre.  L’estime de soi, c’est s’aimer et se respecter.  Le jeune comprend qu’il est le centre de sa vie et que personne d’autre ne prendra sa place.  Les parents sont à l’origine de l’estime de soi par les encouragements, les félicitations, …  Il n’en faut pas trop ni trop peu.  Il faut passer par des apprentissages que les parents doivent tempérer et réguler.  Il faut se connaître soi-même, comme disait Socrate.

 

L’auto-hypnose (auto-suggestion) fonctionne bien.  Nous avons deux cerveaux : le cerveau animal qui rejette les éléments nouveaux, inconnus, étrangers,.. par préservation et le cerveau évolutif (supérieur).

Ce deuxième cerveau pense qu’il y a quelque chose à faire pour l’avenir (études, sport, …) et comprend qu’il faut faire un effort qui sera probablement payant.  Il y a une bagarre entre ces deux cerveaux qui entraîne un conflit entre le « bien » et le « mal ».

 

Les jeunes doivent se surpasser pour parvenir à l’échelon supérieur de la Pyramide de Maslow qui leur donnera une réelle estime d’eux-mêmes et leur permettra d’avancer. Le carburant de l’adolescent passe aussi par l’encadrement dont ils bénéficient (moniteurs sportifs, enseignants, …) et cela a une réelle importance à ses yeux.

 

Dans un couple, l’amour n’existe que par l’admiration qu’on porte à l’autre, par le physique, l’éthique, l’intelligence, les capacités, …  L’adolescent fonctionne comme les adultes et connaît des hauts et des bas.  Il y a plusieurs courbes (savoir, intelligence, sexualité, …) qui montent et descendent, parfois très haut, parfois très bas.  Il faut apprendre à les comprendre et à attendre que l’orage passe si cela survient.

 

La PNL (programmation neuro linguistique) permet d’effectuer des ancrages dans son cerveau.  Cela signifie qu’on peut garder dans un coin de sa tête les bons moments (vacances d’été à la plage, par exemple) à gauche dans notre mémoire visuelle.  On peut respirer et revivre cette image de bonheur, la visualiser.  Cela permet de se relaxer dans les moments de stress et d’avoir un apaisement mental et physique.  Une musique calme peut aider à se détendre.

 

Pour s’assurer d’un bon développement, l’adolescent doit DORMIR / BOUGER / MANGER.  Le sommeil restaure des molécules perdues pendant la journée et permet une mémorisation à plus long terme.  Les informations de la journée sont stockées durant la nuit.  Une nourriture variée permet aussi à l’adolescent de se construire et de se développer.  Le fait de bouger suffisamment permet d’éviter la sédentarité car c’est une chose essentielle qui aère, détend et fait du bien à chaque organe du corps.

 

Plus les adolescents seront surveillés de près, plus ils voudront prendre l’air et faire des expériences pour grandir et avoir plus d’indépendance.  Les parents peuvent communiquer avec les jeunes s’ils sont demandeurs.  Les jeux de société intelligents et évolutifs ainsi que les jeux de rôles permettent une bonne communication en famille et d’exprimer les idées réelles qu’on a en tête.  Cela peut aller jusqu’au jeu d’échecs ou au bridge.  La peinture, la sculpture, la poésie et d’autres activités permettent un développement artistique du jeune.

 

 

2017 – Rencontre culturelle en hommage à Madame Simone Veil

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Présentée par :

Madame Simone SUSSKIND, Députée, Licenciée en Sciences

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La Présidente a remercié les participants ainsi que Michèle Corin, Directrice du CTLM, pour la mise à disposition de la salle. Elle a également remercié la trentaine de participants présents et a présenté l’intervenante de la rencontre.  Après un discours d’introduction, elle a donné la parole à Madame Susskind.

 

Avant son intervention, nous avons projeté le documentaire « Simone Veil, la loi d’une femme ».  Celui-ci mesure l’empreinte laissée par Simone Veil : la loi sur l’avortement qui porte son nom, son combat pour l’Europe, son action pour le devoir de mémoire de la Shoah. Il propose un lien entre son héritage personnel et ses champs d’action : son enfance, son éducation, sa mère, puis pendant l’adolescence, l’horreur d’Auschwitz.

 

Simone Veil est l’une des personnalités françaises les plus respectées. Son engagement l’a placée au-dessus des contingences politiques. « Simone Veil, la loi d’une femme » se propose de faire comprendre ce phénomène inhabituel et la femme exceptionnelle qui l’a rendu possible.

 

Un film de Caroline Huppert – Produit par Michel Rotman – Kuiv productions.

 

Madame Susskind, sous le coup de l’émotion de revoir cet extrait d’un des nombreux reportages consacrés à Madame Veil, a entamé son intervention.  Dans les 15 / 20 dernières années après que Simone Veil soit devenue une icône en France, de nombreux reportages très intéressant lui ont été consacrés.

 

Sa mère étant décédée du typhus peu avant la libération du camp d’Auschwitz, Simone et sa sœur ont dû reconstruire leur vie à Paris.  Celui qui allait devenir son mari était un énarque français.  Ils se sont mariés et ont eu rapidement des enfants.  Elle a ensuite repris des études de Droit et est devenue, à force de travail, Magistrate.  Elle a toujours souhaité travailler malgré le fait que son mari s’y était opposé au départ.

Par la suite, son mari est entré dans une carrière politique et a intégré un cabinet ministériel.

 

En 1973 / 1974, lorsque Valéry Giscard d’Estaing est devenu Président et Jacques Chirac Premier Ministre, ceux-ci ont pensé qu’il serait souhaitable d’avoir une femme dans le Gouvernement et c’est à ce moment-là que Simone Veil reçut la proposition de devenir Ministre de la Santé, ce qu’elle accepta.  Ce fut évidemment un choc pour son mari qui se voyait, lui, mener une grande carrière politique mais c’est son épouse qui s’est retrouvée devant le feu des projecteurs.

 

Simone Veil a mené de multiples combats politiques en faveur des femmes.  Ce fut le cas dans de nombreux pays comme en Belgique.  Souvenons-nous du cas de Willy Peers et des avortements clandestins.  Simone Veil est la base de la création du projet de Loi sur l’avortement en France avec le soutien des femmes et des associations féministes.  Tout une partie de l’opinion publique de droite portait le message de l’Eglise qui dénonçait un crime envers les enfants et s’érigeait contre tous ces fœtus tués.  Un courage extraordinaire l’animait et la suite du reportage que nous avons vu, présente les débats à l’Assemblée nationale et les injures qu’elle a dû subir.  Elle fut insultée et traitée de nazie, elle qui était sortie vivante des camps de concentration.  C’était un comble.  Elle est effectivement devenue une véritable icône et pas seulement en France mais dans l’Europe entière.

 

Pour rappel, en Belgique, au moment de la Loi en faveur de l’avortement, le Roi Baudouin refusa de signer et c’est le Premier Ministre qui signa cette Loi car le Roi s’était retiré pendant 48 heures pour rester fidèle à ses convictions religieuses.  Il préféra ne pas se prononcer sur ce sujet.

En France, quelques années plus tard, il y eut le processus d’élection au suffrage universel pour le Parlement européen.  Elle dirigea cette liste en tête de liste et fut élue Présidente au Parlement européen en 1979.  Elle joua un rôle extrêmement important avec cette vision du devenir de l’Europe qui d’après elle, ne pouvait débuter que par sa construction initiale sur des bases solides.  Elle mobilisa les masses et travailla en faveur de l’avortement et l’Europe puis elle est fut à nouveau Ministre d’Etat sous le Gouvernement Balladur en 1992.  A cette époque, il faut rappeler qu’elle était encore le numéro 2 dans le Gouvernement français.  Tout cela s’est fait un peu par hasard.  Il faut dire qu’elle avait une popularité extraordinaire grâce à ses valeurs essentielles et son travail en faveur des femmes, malgré son caractère difficile mais sa vision était si juste qu’on lui pardonnait facilement cela.

 

Madame Susskind côtoya Madame Veil à plusieurs reprises.  Elle s’était engagée à la fin de sa vie dans un combat pour la mémoire de la Shoah.  Ainsi, elle joua un rôle extrêmement important dans les 15 dernières années de sa vie en utilisant son histoire personnelle pour la transmettre et expliquer ce que fut le génocide des Juifs pendant la Seconde guerre mondiale.  Grâce à ses nombreuses interventions, le Mémorial de la Shoah fut construit en France.  Cela permit aussi que Jacques Chirac, suite à leurs négociations, reconnaisse en 2005 la responsabilité de l’Etat français dans le génocide des Juifs pendant la Deuxième guerre mondiale car auparavant, on n’établissait pas la responsabilité de Vichy. Vichy, c’était autre chose …

 

Madame Susskind dirigea à Bruxelles le Centre communautaire laïc juif, organisation juive, où elle travailla, entre autres, à étudier comment il était possible d’encourager une paix en Moyen Orient entre les Palestiniens et les Israéliens.  En 1989, elle organisa une rencontre entre 20 femmes israéliennes et 20 femmes palestiniennes en pleine Intifada.  Elle voulait savoir comment les femmes pouvaient contribuer à construire la paix entre leurs deux peuples.  Cette réunion fut très fructueuse mais très difficile car les témoignages de ces femmes palestiniennes étaient très difficiles à entendre.  Elles racontèrent les souffrances de leur jeunesse.  La réunion fut très tendue jusqu’au moment où l’une des femmes palestiniennes prit la parole et dit qu’elle souhaitait en tant que femme léguer quelque chose à ses enfants.  Elle changea en l’espace de 10 minutes la dynamique de cette réunion publique.  Chacune réfléchit afin de trouver un moyen de faire changer les choses.  En deux heures de temps, ces femmes élaborèrent le document « La déclaration de Bruxelles » qui déclare ce que devrait être la solution et reconnaissait l’Etat d’Israël et le rôle des femmes.  Elles retournèrent chez elles et tentèrent d’élargir le cercle de femmes susceptibles de participer à ces réunions d’échanges et de dialogues.

 

Madame Susskind demanda un soutien à la Commission européenne.  Les responsables de l’époque donnèrent leur accord à la condition qu’un projet commun soit trouvé.  Elles passèrent deux jours à Bruges pour trouver comment créer un projet commun et elles élaborèrent ensuite un concept pour la création d’un Centre de femmes palestiniennes à Jérusalem est et un Centre de femmes israéliennes à Jérusalem ouest mais avec un Comité de coordination commun qui gérerait le projet et la vision ainsi que les conflits et les tensions.  Une soirée publique était prévue à Bruxelles.  Madame Susskind s’était adressée à Simone Veil pour lui demander de prendre la parole lors de celle-ci.  Elle avait marqué son accord et participé à cette rencontre publique.

 

Madame Susskind la rencontra ensuite en 1994 pour élargir le travail aux femmes de la région et aux femmes européennes.  Elle proposa que ces rencontres se tiennent au Maroc et pour ce faire, rencontra le Conseiller juif du Roi du Maroc qu’elle connaissait déjà bien.  Elle exposa son projet et demanda le soutien du Maroc.  La Commission européenne donné également son accord et le Maroc permit alors la réunion de 200 femmes des pays de la Méditerranée dans son pays.  De nombreuses femmes politiques européennes furent invitées.  Dans ce processus, le thème était : « Comment les femmes peuvent-elles faire avancer le pays dans leurs régions et quel pourrait être le rôle des femmes ?  Simone Veil marqua son accord pour diriger la délégation française et rencontrer le Comité de pilotage.  Cette conférence eut lieu à deux reprises à Paris et le groupe de femmes européennes et méditerranéennes passèrent toute une soirée avec Simone Veil.

Madame Susskind la rencontra encore à Paris lors d’une réunion entre Palestiniens et Israéliens que présidait Simone Veil qui voulait transmettre le devoir de Mémoire de la Shoah comme Juive et comme femme engagée.  Cela fut à chaque fois très enrichissant.

Madame Veil était très timide et réservée et était tout le temps dans un combat entre sa timidité et le fait qu’elle était une femme publique.  Son engagement et ses actions furent tellement forts qu’ils prenaient le dessus.

Certains reportages ont été réalisés de manière remarquable à son sujet.

A la fin de sa vie, atteinte de la maladie d’Alzheimer, elle n’était plus bien du tout.

Sa vie extraordinaire se conclut par son installation, avec son mari, au Panthéon.

Cette femme d’exception marqua fortement le siècle de son empreinte et ne renonça jamais à ce qui donnait un sens à sa vie.

 

 

 

 

2017 – Parcours et vieillissement des femmes migrantes en Belgique

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Présentée par:

Pascale Vielvoye, juriste/experte en droits des femmes.

 

La Présidente a remercié les personnes présentes et a tenu à excuser celles qui n’ont pu se joindre à l’assemblée.  Après un discours d’introduction et la présentation de Madame Vielvoye, la parole a été donnée à l’animatrice.

 

En introduction, celle-ci a amené le public à avoir une réflexion plus poussée sur les questions suivantes :

 

  • le droit des étrangers est-il aussi le droit des étrangères ?
  • les politiques migratoires prennent-elles en compte l’aspect « genre » ?
  • mariage et droit de séjour, violences de genre, traite des femmes, accès à la santé, … : que font ces femmes migrantes lorsque leur mariage tourne mal ? Ont-elles une échappatoire ?
  • sont-elles toutes bien intégrées et sinon, est-ce envisageable ?
  • quelles sont les politiques sociales mises en place pour les femmes immigrées âgées ?

 

Ces questions sont particulièrement interpellantes et nous avons tous pris conscience du fait qu’assez peu d’actions sont mises en place pour venir en aide aux femmes migrantes qui vieillissent.  Elles subissent de nombreuses discriminations à tous les niveaux et plus elles prennent de l’âge, plus elles rencontrent des difficultés diverses (logement, isolement, solitude, impossibilité de finir leurs jours dans leur pays d’origine, maladie, mauvaise connaissance du français, d’où une intégration qui n’est pas optimale).

 

Les causes de la migration des femmes sont multiples.  Effectivement, il  peut aussi bien s’agir de femmes victimes de traite des êtres humains  (prostitution, esclavage domestique…) que de femmes mises à l’épreuve du regroupement familial.

 

Une fois arrivées en Belgique, elles y vivent assez difficilement car l’accès aux outils

d’émancipation leur est, pour une majorité, réellement impossible vu leur importante

méconnaissance du français qui est un frein pour l’apprentissage de la langue du pays

d’accueil.  Elles sont de ce fait totalement dépourvues tant au point de vue de l’éducation, de

la formation, des cours de FLE que de l’accès à un emploi.

 

Dans les années 50 et 60, il y eut un recrutement massif de migrants en Grèce, en Yougoslavie puis au Maroc, en Turquie, en Tunisie, en Algérie, …

 

– Politique économique: => recrutement à l’étranger

– Politique démographique: => regroupement familial => natalité (allocations familiales, logements adaptés, soins de santé…)

Il faut noter que le premier motif de migration des femmes est le regroupement familial.

Jusqu’au milieu des années 80, l’immigration  était une donnée économique et / ou démographique et il n’y avait pas de politiques d’intégration puis il y eut par la suite une réforme du regroupement familial.

 

Pour une famille réduite, il n’est plus possible de « regrouper » ses ascendants afin qu’ils s’installent sur le territoire belge.  Il faut faire preuve de revenus stables, suffisants et réguliers, remplir les conditions d’âge et obtenir un allongement de la période de vérification (et donc de la possibilité de retrait du séjour par la même occasion).

 

En 2013, un nouveau Code de la Nationalité belge a vu le jour.  Il imposait un séjour préalable de 5 ans minimum en Belgique, une connaissance d’une des 3 langues nationales, une condition d’intégration sociale et une participation économique indispensable.

 

En 2014, un nouveau Décret wallon permettant d’organiser le parcours d’accueil des primo-arrivants a été instauré.  Il consiste en un dispositif d’accueil avec une obligation de suivre un parcours d’intégration incluant un bilan social, le suivi régulier de cours de FLE et de citoyenneté.

 

En 2016, la volonté d’intégration dans la loi de 1980 est à prouver sous peine de retrait du droit de séjour !

 

Les femmes migrantes subissent de multiples discriminations qui sont liées au genre, fondées sur leur origine nationale, ethnique ou liées à la couleur de leur peau.  D’autres discriminations sont, elles, liées aux convictions religieuses.  A celles-ci viennent encore s’ajouter le plus souvent les discriminations directes ou indirectes liées à l’état de fortune, la langue, l’origine sociale, …

 

Comment peuvent-elles faire preuve de leur volonté d’intégration ?

Elles doivent absolument suivre le « Parcours d’intégration en Région wallonne » et montrer leur bonne volonté de s’intégrer au pays d’accueil afin de pouvoir conserver leur droit de séjour et espérer obtenir ensuite la nationalité belge.

 

Par contre, si leur mariage tourne mal, on constate qu’il y a toujours de graves conséquences pour les femmes migrantes.  En effet, la période de vérification de leur demande est allongée et cela peut entrainer un retrait du titre de séjour.  Il faut qu’elles puissent prouver 5 ans de présence en Belgique (dont 3 ans de vie commune) !  Les femmes migrantes doivent faire preuve de leur volonté d’intégration mais aussi avoir les moyens de prouver les violences subies et l’origine de la séparation pour ne pas devenir une « charge » pour l’état belge.  Elles seront tenues de travailler également.

Les femmes migrantes qui sont victimes de violences de la part de leur conjoint sont confrontées à un choix terrible : soit subir de mauvais traitements infligés par leur partenaire, soit signaler la violence et risquer l’expulsion. La Belgique doit faire en sorte que chaque femme qui est victime de violence intrafamiliale puisse obtenir l’aide dont elle a besoin, quel que soit son statut de migrante.  Le risque d’expulsion empêche de nombreuses femmes migrantes victimes de violence intrafamiliale en Belgique d’obtenir la protection dont elles ont besoin, a déclaré  « Human Rights Watch » dans un rapport.

 

Ce même rapport a décelé trois grandes lacunes dans la protection des femmes migrantes victimes de violence intrafamiliale dans ce pays. Les femmes qui migrent vers la Belgique pour rejoindre un mari ou un partenaire peuvent être menacées d’expulsion si elles dénoncent la violence pendant la période où leur statut est en cours de validation. Les femmes migrantes sans-papiers font face à la même menace. Enfin, les victimes de violence intrafamiliale, en particulier les femmes sans-papiers, n’ont pas suffisamment accès à des refuges.

Bref : c’est un véritable parcours du combattant pour ces femmes déjà victimes des actes de violence de leur mari.  Elles sont touchées par une double « peine » et cela implique pour elles un risque évident de la perte du titre du séjour et du renvoi dans leur pays d’origine.  Celles-ci basculent alors vers le statut de « sans-papiers » avec toutes les conséquences désastreuses que cela implique …

 

A partir des années 90, on constate que les demandes d’asile de femmes sont de plus en plus nombreuses et on prend en compte la notion de genre comme « appartenance à un groupe social ».  On instaure de nouveaux motifs d’asile: MGF, traite, mariages forcés, orientation sexuelle, viols, crimes d’honneur, …

 

Les migrations féminines pour raisons économiques se sont intensifiées toujours davantage car les entreprises ont un besoin de main d’œuvre important dans les métiers de services et de « care ».  Cependant, les femmes migrantes vivent toujours dans une situation précaire, ont des difficultés de RGF pour revenus insuffisants, familles monoparentales….

 

Et après, une fois ces femmes migrantes devenues plus âgées, la situation se complique encore pour elles.

 

Qu’en est-il du métier exercé, de la vie familiale, de l’état de santé ?

Ces femmes sont passées du rêve à la réalité.  Elles sont installées depuis longtemps dans une grande précarité et s’en accommodent tant bien que mal.  Souvent, elles vivent dans un isolement important sans famille ni amis.  Beaucoup d’entre elles sont malades et la plupart se retrouvent totalement désœuvrées sans le moindre espoir d’un retour dans leur pays d’origine pour finir leurs jours …

Cependant, dans les familles maghrébines, c’est tout le contraire car il existe dans cette communauté musulmane une véritable solidarité familiale et des croyances qui font que ces personnes refusent les maisons de repos et préfèrent garder dans la famille les personnes plus âgées, ce qui est préférable lorsqu’on a vécu complètement déraciné de sa culture et de son pays d’origine.  L’intégration en Belgique n’a pas été facile et ces personnes ont subi énormément de racisme et de discriminations multiples.

 

En conclusion, les femmes migrantes ont subi toute leur vie la double « peine ».

 

« Aborder la question du genre et de l’ethnie, c’est aussi parler de la migration, qu’elle remonte aux ascendants, ou qu’elle concerne la personne même, confrontée à une situation que les associations de défense des migrantes qualifient volontiers de «double peine», c’est-à-dire de double discrimination.  Elle est une femme, elle est une étrangère venue d’un pays dit «du Sud». Elle est traitée comme une femme – non pas que les hommes immigrés dans les sociétés riches jouissent de notables privilèges mais, tout de même, ils sont des hommes et y trouvent une certaine assurance puisque l’identité masculine reste dominante en Occident -, elle est traitée comme une étrangère et l’on a besoin d’elle pour les métiers invisibles mais indispensables que les ressortissant(e)s des pays riches ne veulent plus faire : trop durs, trop contraignants. A supposer qu’elle soit «régulière», elle travaille dans des professions où l’on revendique moins, où l’organisation collective des salariés reste embryonnaire.  Dans bien des cas, elle ne travaille pas, donc n’existe pas comme individu autonome, elle est «la femme de…». Et si l’époux «la» divorce, elle n’a plus de papiers, elle disparaît dans l’ombre dont elle n’était pas vraiment sortie…  Partout, et pas seulement en Europe ou en Amérique du nord, la femme migrante est plus vulnérable à l’exploitation, aux discriminations, au déni de droits. Sa condition dans les pays du Golfe en est un flagrant exemple.  Mais restons ici puisque nous y sommes : invisibles oui et, en même temps, tout le monde sait bien que les sociétés ne peuvent plus se passer d’elles. On les voit dans les rues des grandes villes tirant les poussettes, promenant les vieux, sortant tard des bureaux dont elles font le ménage. Dans les zones agricoles, elles font la cueillette des fruits et des légumes. Elles sont dures à la tâche. Elles sont sages, elles ont l’habitude d’être dominées. On les apprécie…  On trouve les plus fortes concentrations de travailleuses dans les métiers les moins valorisants ou situés aux niveaux inférieurs des hiérarchies professionnelles. Déclarées ou «clandestines», elles sont majoritaires dans les secteurs les plus précaires comme le travail domestique ou les activités du secteur informel, ce qui les rend particulièrement exposées aux abus.  Les statistiques disponibles dans plusieurs pays occidentaux montrent qu’il y a chez les femmes immigrées deux fois plus de veuves, de divorcées, de séparées que chez les hommes immigrés. La pauvreté les frappe également davantage. Les foyers monoparentaux dirigés par des femmes sont les plus pauvres. Cette précarité se retrouve dans tous les pays d’immigration.

La migration féminine de travail a beaucoup augmenté du fait d’une demande croissante en employées de maison. En Europe, le vieillissement de la population exige de plus en plus de main d’oeuvre dans le secteur de la garde et des soins à domicile, et dans le secteur paramédical. Mais, au-delà de ce vieillissement, c’est l’ensemble des classes moyennes et supérieures qui ont besoin de ces employées. On est ici devant un paradoxe : la migration massive de femmes domestiques permet aux femmes des pays d’accueil de s’affranchir de leurs propres tâches dans la sphère privée pour travailler à l’extérieur. Leur libération par un travail salarié valorisant passe donc par l’exploitation d’autres catégories de femmes, celles qui viennent des mondes dominés.

Les femmes dominées des mondes dominés sont, en quelque sorte, un facteur d’ascension sociale et professionnelle pour celles des pays riches, comme par un effet de dominos…  Femmes, étrangères ou de «deuxième génération» puisque l’extranéité est héréditaire. Ne soyons pas misérabilistes cependant : elles «arrivent» plus souvent qu’on ne le croit, en se battant deux fois plus que leurs hommes, que leurs frères. Et beaucoup de ceux-là, pour compenser leurs frustrations, les assignent à leur double condition : femmes, étrangères ou filles de.  Souvent, elles se révoltent. Elles ont changé le paysage de la migration. Changeront-elles un jour l’image que l’on a des immigrés ? »

 

* Sophie BESSIS, Ecarts d’identité N° 116 (juin 2010) : « Egalité homme-femme : les voies de l’insertion. » 

 

Quelques chiffres :

 

Taux de chômage par nationalité et sexe en Belgique et en Wallonie :
 Belgique  Belgique H  Wallonie F  Wallonie
Belges 7,3 12,7 11,5 19,7
Étrangers (taux moyen) 17,2 29,2 18,2 34,3
Allemagne 6,9 13,9 7,7 14,6
Espagne 11,9 20,4 13,1 26,8
États-Unis 8 20 6,8 22,2
France 12,6 24,1 14,1 28,6
Grèce 17,5 24,9 21,1 34,7
Italie 15,2 31,7 16,2 35,5
Maroc 36,2 56,6 45,1 64,4
Pays-Bas 4,4 11,3 6,7 16,4
Pologne 17,7 41,4 22,1 44,8
Portugal 11,3 23,2 10 25,3
RDC 44,2 56,1 48,3 65,3
Royaume-Uni 6,8 12,6 7,5 17,2
Turquie 33,8 56,3 44,9 74,7

 

 

 

2017 – La graphologie

Présentée par:

Hubert Verviers, graphologue

 

Du gribouillis de l’enfant à l’écriture tremblée des âgés, en passant par l’écriture en formation de l’ado.  Que peut nous apprendre ce moyen de nous exprimer; sur nous-mêmes, sur les autres?  La graphologie est un dessin de nous, de notre caractère, de nos émotions.  La graphologie et la psychologie sont complémentaires afin de mieux nous comprendre, nous et les autres.  L’écriture: une étude du dessin à travers les âges!

Le but d’un graphologue n’est pas de faire une analyse de l’écriture du public mais plutôt de nous permettre de comprendre l’évolution de l’écriture et ce que le graphologue peut y voir.  Il s’agit de la science de l’écriture.  Auparavant, les personnes dessinaient sur les parois des grottes et certaines choses n’ont jamais pu être déchiffrées.  L’Abbé Michon est à l’origine de la graphologie.  Il a rassemblé tout au long de sa vie des extraits d’écriture d’élèves et en a déduit qu’il y avait un lien entre leur écriture et leur caractère.  Il existe 3 sortes d’écriture dans la pierre de Rosette et cela a été à la base de la découverte d’autres écritures.  Dans l’évolution de l’écriture, on remarque une série de signes sur cette pierre de Rosette.  Par contre, l’écriture chinoise comporte énormément de traits, soit 214 signes (lettres) à apprendre pour les Chinois, contrairement à nos élèves qui ne doivent en connaître que 26 !

Graphologie et psychologie sont liées.  En effet, si on imagine que l’on a un grand lac et qu’on y jette une pierre, cette pierre fait des cercles qui s’élargissent.  Il s’agit de l’étude du « moi ».  Cela explique les relations de soi-même avec l’extérieur.  Dans le 1er cercle, il y a la famille proche.  Dans le 2ème cercle, ce sont les amis et les proches.  Dans le 3ème cercle, ce sont les connaissances plus lointaines (voisins, …).  Dans le 4ème cercle, on retrouve, par exemple : le facteur, un voisin plus lointain, …  Le « moi » se trouve au centre du cercle.  Les personnes peuvent changer de place au fil du temps selon le déroulement de leur vie.  Une personne du 4ème cercle peut arriver dans le 1er cercle et inversement en cas de conflits, de disputes, …  Le « moi » reste toujours au centre du dessin.  Au fil du temps, on rencontre d’autres amis et connaissances et beaucoup de choses peuvent changer.  Chacun d’entre nous est le centre de sa propre vie.  C’est très important en psychologie.  Le « moi » dirige sa vie et impose sa volonté sur ses relations, métier, religion, philosophie, …  Par rapport au schéma présenté, on voit ici que le « moi » a dans sa vie toute une série d’influences.  Parfois, on se rappelle de certaines choses mais d’autres fois, on constate qu’on a occulté d’autres informations gênantes car notre inconscient les a mises de côté.  Le « soi » est ce que voit le « moi ».  Comment est-ce que je me vois ?  Quelle image ai-je de moi ?  Je suis au milieu du lac représenté par la pierre et dans les autres lacs qui gravitent autour de ma vie, il y a un « moi » qui existe.

L’historique date de 1790 / 1800.  L’Abbé Doucet utilisait la science des signes puis l’Abbé Franklin en a donné une interprétation.  C’est l’Abbé Michon qui a donné le nom de graphologie.  De nos jours, d’autres personnes ont pris le relais et ont écrit des livres importants.  Il s’agit de Docteurs en Psychologie et en Graphologie.

La vie se divise en 4 étapes importantes : la petite enfance, l’enfance, l’adolescence et l’âge adulte.  La petite enfance (tu dois), enfance (tu dois …  parce que …), adolescence (parce que … tu dois …), adultes (liberté de vivre sa vie) même si certains adultes resteront des adolescents tout au long de leur vie.

Si on constate qu’on a un problème, on y remédie à divers degrés – par exemple : j’ai froid, je mets un pull, je ferme la fenêtre ou j’augmente le chauffage ou je prends une boisson chaude.

90 % voient le problème, 70 % constatent le problème et réfléchissent à une solution et seuls 30 % agissent et appliquent la solution.  Il s’agit d’une expérience et d’un choix.  Il en reste d’autres si la solution n’a pas fonctionné.  Cela peut agir au point de vue professionnel, personnel, social, …

L’écriture permet de mieux se comprendre.  Certaines personnes n’osent pas se regarder dans un miroir de peur de découvrir certaines choses qu’elles n’ont pas envie de voir.  Il y a « voir » et « regarder ».  La graphologie aide mais n’apporte pas de solutions toutes faites.  Il ne s’agit pas d’une science exacte mais c’est une question d’interprétation.

Les gribouillis d’enfants avec des traits et des cercles permettent de connaître déjà un peu leur personnalité.  On ne parvient pas à interpréter beaucoup de choses à ce stade mais cela aide certains parents à connaître mieux leur enfant.  La vie existe et les choses s’adoucissent avec le temps.  Par exemple, une personne à l’accueil d’un bureau doit être douce, accueillante alors qu’un commercial doit être nettement plus agressif.  La graphologie permet de trouver le poste idéal pour chaque personne au niveau de l’emploi.

La graphologie demande beaucoup d’études, de lectures et d’analyses d’écritures.  Une étude graphologique demande un travail énorme.  Il y a 3 zones d’écriture : la zone médiane, la zone supérieure et la zone inférieure.  La zone médiane est la zone d’écriture.  La zone supérieure signifie la zone artistique tandis que la zone inférieure représente la terre.  Ces 3 zones sont assez importantes.  Dans un mot, les espaces entre les lettres ont une signification eux aussi.  On peut avoir des lettres « affectives » comme le « o » ou le « a » ouvertes ou cadenassées et cela donne des indications sur l’intériorité ou l’extériorité d’une personne.  Cela n’est pas garant d’un trait de caractère car il faut analyser d’autres signes pour parvenir à le définir.  Les lettres d’une écriture sont parfois très serrées et peuvent même se télescoper.  Une lettre manuscrite demande environ 5 heures de travail d’analyse si tout se passe bien.   De nombreux ouvrages détaillés sont disponibles mais il est très complexe d’analyser une écriture.  Chaque caractère d’écriture peut signifier quelque chose.  Des défauts peuvent être également des qualités.

Le graphologue ne pose pas de jugement et rédige, après avoir analysé l’écriture, le portrait de la personne.  L’écriture peut être retouchée mais le graphologue le sait car il a constaté des changements.

Parfois, des adultes ont des écritures d’enfants d’école primaire.  C’est étonnant.  Les espaces entre les lettres et les lignes sont importants.  La marge de gauche représente le passé (éducation, lien avec le père, …) et la marge de droite représente le futur (avenir de la personne).  Les marges peuvent être plus étroites ou plus larges selon les individus.  Quant à la signature, elle apporte une authentification du texte et peut être soit très grande, soit très petite, en fonction de la personnalité de l’auteur du courrier.

La graphologie permet de savoir si une personne conviendra à un poste plutôt qu’à un autre.  Le mouvement qui est dans l’écriture est appelé «  la forme mouvement ».  Le graphologue analyse la lettre et a une impression positive ou négative.  Il analyse les inégalités, comme les crochets en fin de mot qui envahissent la ligne d’en dessous.  Les barres et les accents sont parfois très longs …  L’accentuation est très importante.  Certains excès sont visibles directement.  Il remarque parfois une certaine timidité.  Un individu présentant une personnalité intériorisée peut cependant présenter des signes d’extériorité et d’audace.  Ces renseignements sont à mettre en rapport avec une analyse plus complète.   Si le texte est aéré, la personne a « besoin de respirer » et forme sans le vouloir une « cheminée » dans son texte.  Certains expriment dans l’écriture ce qu’ils voudraient être mais ne sont pas toujours en réalité.  Ils ont une certaine agressivité qui peut cacher une certaine timidité.  D’autres ont une écriture comme un électrocardiogramme car ils ont eu des problèmes personnels et cela transparaît dans leurs écrits.  L’écriture peut varier au fil du temps selon l’évolution personnelle.  Ils laissent souvent transparaître des choses positives dans leur écriture.  Des finales longues sont étudiées en graphologie (fin de mot) et signifient l’accueil et l’ouverture et souvent, dans certains mots, la lettre ronde (affective) est grossie.  On analyse aussi les signes libres, les virgules, accents et parenthèses.  Une signature montante informe d’un aspect positif.  La signature peut, quant à elle,  présenter un côté artiste et très travaillé (comme celle de Marcel Pagnol qui est particulièrement recherchée).  Par exemple : la signature de François Hollande se trouve un peu entre deux rails et cela représente un besoin de sécurité.  Des traits de son caractère peuvent être analysés en partie grâce à son écriture.

La graphologie est passionnante car cela permet de comprendre mieux la personnalité des individus.

2017 – Le costume féminin au fil des âges

Dans le cadre de la Journée internationale des Droits des femmes, Madame DEBAUVE nous a retracé l’histoire du vêtement par périodes et par régions en partant de la préhistoire et en aboutissant à l’an 2000. Etant donné l’étendue des informations, elle s’est limitée aux vêtements des régions d’Europe occidentale.

 

I- La préhistoire

 

Pour la préhistoire, il a fallu se contenter de vestiges et d’objets trouvés par les archéologues qui les ont exploités afin d’avoir des renseignements sur les civilisations.
Les vestiges retrouvés étaient enterrés avec leurs propriétaires dans des zones tourbeuses qui permettaient, en partie, la conservation des chairs des personnes décédées emballées dans leurs vêtements.
– Nous commencerons par l’époque paléolithique, environ 2000 an avant notre ère, époque où l’homme est encore nomade. Il assure sa subsistance par la chasse et la cueillette et quand les ressources sont épuisées, il est obligé de changer d’endroit.
L’habillement de ces populations consiste à se couvrir de peaux d’animaux et ils se servent aussi de feuilles d’arbres. Ces peaux sentent très mauvais et pourrissent très vite, d’où l’apprentissage du tannage des peaux et de l’assemblage à l’aide de petites aiguilles fines en os.
– A la fin de la préhistoire vient la période néolithique.
Il s’agit d’une population nomade qui commence à se sédentariser. Les hommes connaissent alors l’agriculture et l’élevage car ils élèvent des moutons et d’autres poilus dont ils récupèrent la laine qu’ils filent et tissent. On a retrouvé des vestiges de métiers à tisser qui datent d’environ 3000 ans avant notre ère. Outre le tissage, ils ont trouvé le moyen, avec les fibres animales, de fabriquer du feutre.

 

II- L’antiquité

 

L’Egypte
Une époque importante parce qu’on dispose de témoignages écrits.
Les civilisations comme l’Egypte, l’Asie Mineure, Rome, connaissaient l’écriture et elles nous ont laissé davantage de témoignages. Notamment les Egyptiens qui ont beaucoup d’éléments écrits sur papyrus et sur leurs monuments avec les hiéroglyphes qui nous donnent un tas d’informations sur la manière de
s’habiller ou de se maquiller car les hommes et les femmes se maquillent. Ils ont des traités de cosmétiques et créent des parfums.
On a trouvé une scène de fête sur une fresque dans la tombe d’un grand prête qui date d’à peu près 400 ans avant notre ère et on a remarqué que les dames sont vêtues de vêtements près du corps, de robes fourreaux, elles ont des bijoux, une perruque avec des bandeaux, ce qui implique un habillement raffiné et assez léger (lin).
On remarque aussi que pendant près de 3000 ans qu’a duré l’Egypte antique, le vêtement n’a pas beaucoup évolué. Les personnages sont habillés suivant leur rang social et les gens socialement dits d’une classe inférieure sont représentés plus petits que leurs maîtres.
Dans le tombeau de Toutankhamon, découvert en 1922, on a retrouvé des trésors : un trône en bois recouvert d’une plaque en or et des pierres semi-précieuses, le Pharaon est assis avec sa femme en face de lui.
La femme porte un pantalon, une sorte de legging ainsi qu’un vêtement tissé près du corps, très élégant avec des manches et la robe est plutôt transparente et munie de plis.
Les Egyptiennes portent aussi des robes décolletées et sans manches et les tissus sont si légers qu’on devine au travers le ventre et le nombril. Les tissus sont plissés avec une sorte de gomme qui conserve le plissage.
Les Egyptiens croient en une vie dans l’au-delà et les personnages fortunés préparent cette nouvelle vie en se faisant construire un tombeau contenant des objets de la vie courante ainsi que des statuettes représentant les personnes dont ils veulent être entourés dans leur nouvelle vie pour qu’elle soit agréable, voire même meilleure que la première (statuettes représentant le boulanger, une porteuse d’offrandes, des tisseuses et des fileuses,…).

Ou même ce qu’on appelle des maquettes, des femmes ouvrières ou des artisanes qui sont dans leur atelier, des personnages pour les servir et ainsi ne manquer de rien dans leur vie ultérieure : par exemple, une maquette de 30 cm représentant tout un atelier en train de filer avec un rouet et de tisser avec un métier à tisser. C’est de cette façon qu’on a pu retracer leur vie quotidienne et la façon dont ils s’habillent.
En général, les femmes égyptiennes ont des vêtements assez simples, une sorte de longue tunique sans manche, généralement très décolletée et portant par-dessus une sorte de longue écharpe, un long châle dont elles s’entourent le corps de façon différente selon les besoins. Ces maquettes font penser à des jouets d’enfants, mais elles donnent aussi beaucoup de renseignements aux archéologues sur la manière de vivre en Egypte. Mais le sujet du jour est le vêtement …
Sur une fresque qui se trouve dans la chapelle funéraire de Ramsès II, on voit « Néfertari », son épouse. Elle est habillée d’une robe très légère, soulignée par une ceinture sous la poitrine, des manches papillons plissées. Elle est emmenée par la déesse Hathor qui est aussi habillée avec une longue robe fourreau et des bretelles qui cachent la poitrine.
La Rome antique
L’habillement des Romains de la Rome antique ont un peu copié sur les Grecs.
Voici la représentation d’un vêtement féminin de la Rome antique :
Il est composé de deux pièces principales : la « stolla », une sorte de tunique ; robe qui marque souvent la poitrine par une ceinture en dessous, la deuxième pièce, la « Pala » est une sorte d’étole qui peut être plus ou moins longue et qu’on peut placer différemment selon les heures de la journée ou qu’on peut porter sur les épaules comme une pèlerine et on peut aussi la rouler autour de la taille.
Les Gaulois, les Celtes
Les femmes du peuple portent des vêtements assez simples. D’abord une robe qui peut être à manches courtes ou à manches longues et par-dessus, une deuxième robe ou une tunique plus courte.
III- Le Moyen-âge

 

On voit que les silhouettes des dames changent suivant les époques, il y a des périodes où les vêtements sont près du corps et pour d’autres, il y a des artifices pour donner une allure plus large à la
silhouette et parfois, cela devient plus gracile.
Au Moyen Age, voici différents aspects des robes pour les dames de la bonne société comme on dit, les nobles, les princesses, les duchesses, éventuellement les reines.  Elles portent des robes cousues dans de très beaux tissus, généralement assez lourds et aussi avec des tissus superposés et par-dessus ces robes, elles ajoutent des tuniques ou des manteaux qui sont ornés de broderies et de galons. L’apport des croisades va aussi modifier le costume non seulement des dames mais aussi celui des hommes par des décorations très abondantes. Nous ne pouvons passer cette époque sans vous parler d’un couvre-chef très particulier : le « Hénin ». C’est une coiffe en forme de cône généralement en carton recouvert de tissu et autour duquel vient s’enrouler un voile très léger et plus la dame est de haute lignée, plus le voile est long. On trouve ce chapeau surtout à la fin du Moyen Age.
Nous ferons ici un petit aparté pour vous parler d’une féministe d’origine italienne du début du 15e siècle, une dame très lettrée qui a beaucoup écrit (poésies, biographies, maximes, conseils pour les messieurs : « Comment se comporter avec les dames », enluminures,…). Cette dame monte à cheval en amazone.  Il a donc fallu fabriquer des selles de cheval spéciales pour ne pas que les femmes et les jeunes filles perdent leur virginité en montant comme les hommes.
Les femmes portent aussi des manteaux sans manches très échancrés avec une robe en dessous et elles sont coiffées d’une coiffe en dentelle avec des protubérances. Les robes sont très resserrées à la taille et la mode veut que les femmes aient un ventre proéminent, ce qui est  un signe de beauté et montre leur volonté d’enfanter.
Les femmes du peuple sont mal considérées par l’Eglise.  Elles sont les héritières d’Eve, celle qui a péché et qui est damnée. Leur habillement est très simple et ne change pas beaucoup.
Au Moyen Age, ces femmes sont plus libres de faire ce que bon leur semble et lorsque leur père est artisan, elles apprennent le métier pour pouvoir lui succéder et devenir patronnes lors de son décès. Elles gagnent leur indépendance.

 

IV- La Renaissance


On a découvre d’autres continents, notamment l’Amérique.
L’habit féminin a mis le corps des femmes en valeur avec des femmes nues représentées par BOTTICELLI, entre autres. Celui-ci idéalise la femme et notamment son visage. Les femmes portent des écharpes en tissu broché et brodé. Cette mode ne contraint pas le corps.
A Venise, une porte ouverte sur l’Orient, les portraits représentent des personnes avec des habits riches et sophistiqués, ils sont brochés avec des dentelles amovibles pour le nettoyage. Les dames sont coiffées de chignons ornés de colliers et de perles.
Il faut faire la différence avec les femmes du peuple qui peuvent être habillées très simplement avec un fichu sur la tête. A cette époque, la blancheur de la peau est un gage de beauté et aussi une obsession pour les femmes. On a retrouvé des recettes pour obtenir une peau blanche et une teinte de cheveux blonds vénitiens.  Les Vénitiennes s’exposent volontairement au soleil pour les décolorer et l’urine le permet.

Elisabeth 1ère d’Angleterre est représentée dans des habits très lourds et riches.  Elle est très engoncée dans ses vêtements et porte un corset très serré ainsi qu’une grande fraise autour du cou afin de mettre son visage et sa blancheur en valeur. Les dames portent des jupes très évasées et des manches amovibles dans un tissu de lin et de soie avec des broderies d’or et d’argent.
Au XVIIème siècle, on constate que les fraises autour du cou se portent toujours.  La confection de la fraise ainsi que les coiffes de dentelles sont confiées à des artisans particuliers.

Marie-Thérèse d’Autriche, est représentée avec un gros bourrelet autour de la taille pour faire retomber la jupe de part et d’autre.   A 14 ans, elle est fortement enserrée pour obtenir une taille très menue. Par contre, les habits des servantes, paysannes et artisanes varient peu et sont très simples.  On y retrouve le même genre de formes et de modèles que la confection destinée aux dames de la haute société.
A l’époque du Roi Louis XIV, les dames montent à cheval en amazone.  Des bandes de cuir et une planchette en bois leur permettent de poser les pieds pour être maintenues correctement.
Les gens plus aisés sont vêtus de manière élégante et les petites filles commencent  à se regarder dans le miroir.
Les familles sont habillées de manière simple et l’accent est mis principalement sur le rôle des femmes pour l’éducation des enfants.  Les petites filles apprennent très jeunes leur métier de mère en s’occupant de leurs frères et les garçons étaient habillés comme des filles jusqu’à l’âge de 7 ans.
Les corsets des dames étaient fabriqués en fanons de baleines et permettaient de soutenir correctement le buste. La robe venait se poser par-dessus le corset.
Les robes étaient confectionnées en soie et en fils d’argent.  Les coiffures étaient très hautes et agrémentées d’objets : nid avec oiseaux, bateaux, …  L’aspect pratique était évidemment mis de côté.

Madame de Pompadour, favorite de Louis XV, est surtout connue pour sa beauté et son élégance. Elle porte des robes à l’anglaise en soie brodée qui cachent la poitrine alors que les robes à la française ne cachent pas vraiment la poitrine.  Le jupon est visible sous une jupe ouverte.  On utilise le bois, le métal et les rubans pour maintenir ces robes.

Marie-Antoinette porte des robes et des chapeaux exubérants.  Elle aime pourtant porter des robes simples pour aller dans sa ferme à la campagne et y vivre plus simplement.
Les clubs de femmes ont vu le jour et elles se réunissent 2 fois par semaine.  La Présidente de cette assemblée lit les décrets promulgués par les Parlementaires. Elles en discutent pour savoir s’il faut leur envoyer des félicitations ou des plaintes.  Elles recueillent des dons pour aider les pauvres.  Leurs robes sont simples et chics.

 

V- L’après Révolution


La mode ressemble à la mode antique et on y voit des robes avec des tissus très fluides près du corps. Les coiffures se sont simplifiées avec des cheveux courts retenus par un petit bandeau.  En 1810, on voyait des robes droites, légères avec une poitrine haute et menue.  (Madame Récamier) L’Impératrice Joséphine de Beauharnais porte des robes très fluides près du corps sans trop d’artifices.  En Angleterre, on suivait la mode parisienne de loin. A l’époque de Napoléon III et de l’Impératrice Eugénie, des tableaux de l’époque représentent des femmes avec des jupes évasées et des crinolines. Sur certains portraits, on remarque l’utilisation d’un tissu orné de bouquets de fleurs, une taille très resserrée et la présence d’une crinoline.  Celles-ci permettent d’élargir excessivement les jupes.  Les crinolines sont assez dangereuses car elles risquent de prendre feu vu lorsque les femmes passent devant un feu.  Pour un effet de mode, certaines crinolines épaississent les fesses.
George Sand porte des habits masculins alors qu’un Edit de 1802 l’interdit. Pour certaines professions, des dérogations pour des questions de facilité sont obtenues.
Le port du pantalon pose toujours des problèmes actuellement, même dans les compagnies aériennes, le pantalon était interdit  jusqu’il y a peu.  Certaines écoles belges interdisent toujours le port du pantalon pour les filles.
A partir du milieu du 19ème siècle, la révolution industrielle a vu naître des métiers très dangereux pour les femmes (ex : des femmes qui descendaient à la mine : hercheuses…), d’autres portaient des jupes culottes pour plus de facilité (bicyclette).

 

VI- Durant la guerre


Pendant la guerre, les femmes ont pris la place des hommes dans les entreprises et elles portent des habits masculins pour plus de facilité.  La guerre était là et certaines dames continuent de s’habiller de façon luxueuse alors que la plupart des femmes sont habillées très modestement.
Coco Chanel a commencé en 1916 à utiliser un tissu jersey avec beaucoup d’élégance dans des lignes très fluides.  Paul Poiret, grand couturier français, a banni le corset.  Ses robes étaient très simples et avec une ligne classique.  Les robes du soir étaient quant à elles plus sophistiquées.
Avec cette mode est apparue la combinaison qui se portait sous les vêtements.  Les femmes sont devenues de plus en plus élégantes dans leurs dessous.  Il s’agissait d’un progrès et d’une libération.
En 1926, Coco Chanel crée sa célèbre petite robe noire qui passe partout et peut s’accessoiriser de broches et de bracelets ou d’un chapeau cloche.  Cette petite robe noire a été déclinée en plusieurs modèles (avec veste, manches ou sans manches, …).  En 1928, elle a ajouté un pantalon au tailleur.  La marinière lignée a été créée à cette époque.  Certaines femmes qui s’habillent à l’ancienne ont pu retrouver des vêtements plus élégants et plus modernes.
Pendant la guerre, on demande aux femmes de faire des efforts, de prendre des tissus plus courts pour faire des économies et de dessiner la couture des bas sur leurs jambes pour épargner. Les chaussures sont en bois ou en liège avec des semelles compensées.  Les robes sont découpées dans les rideaux par souci d’économie.  Dans les journaux, on peut lire des conseils pour les confectionner.

 

VII- L’après guerre


En 1947, Christian Dior a créé une nouvelle ligne de vêtements appelée le New-Look. On y retrouve encore la gaine, des jupes serrées et des jupons.  Les femmes sont à nouveau engoncées dans leurs habits.  En revanche, Coco Chanel a créé son fameux tailleur Chanel en tweed, à porter avec un chemisier et un collier.  Ce tailleur a connu une gloire dramatique avec l’assassinat de JFK lorsque celui de Jackie Kennedy a été complètement imbibé du sang de son mari.
Karl Lagerfeld a repris la Maison Chanel.  Le tailleur Chanel est resté au catalogue mais il a modifié le bas du tailleur.
Yves-Saint-Laurent invente les tailleurs pantalons et les présente au public lors de ses défilés. Il crée  aussi les sahariennes.  Les longueurs de jupes autorisées font l’objet de dessins satiriques.
Puis vient la mini-jupe portée par le mannequin Twiggy. Courrèges en est le promoteur.
La mini-jupe n’est pas contestée en Europe, en Amérique ou au Congo.  Par contre, elle est juste tolérée en Russie mais en Arabie et dans les Emirats-Arabes, elle est totalement interdite.  Les sanctions sont très dures et vont jusqu’à la mise à mort.  La longueur de la jupe des femmes a toujours entraîné les critiques masculines.

Par un résumé succinct, j’ai essayé de retracer l’histoire du costume féminin contée par Madame DEBAUVE, mais sa présentation a été si riche qu’il a fallu la réduire au maximum.
Je remercie bien sincèrement Madame DEBAUVE pour le travail d’une spécialiste hors pair dont elle nous a fait profiter.
Jeannine GERLACH, présidente du CFHV.