2014: Visite de Télevesdre

2014: Visite de Télevesdre

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Ce mardi 3 juin, les apprenants des groupes 2 & 3 se sont retrouvés à 9h30 devant le siège de Télévesdre, la télévision locale de l’arrondissement de Verviers.

Le responsable du service technique qui allait nous servir de cicérone nous accueillit dans la salle de réception.

Il nous expliqua qu’il y a 12 télévisions locales reconnues lesquelles pour ce faire ont dû répondre à des critères stricts des pouvoirs publics les subsidiant.

Télévesdre est constituée sous forme d’A.S.B.L. et est subsidiée par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Notre télévision locale couvre l’arrondissement de Verviers comprenant les communes de Dison,Herve, Malmedy, Pepinster, Waimes… et travaille en symbiose avec les régions germanophones (Eupen, Saint- Vith …). Télévesdre collabore évidemment avec les autres télés locales avoisinantes : RTC, BRF, TTV principalement.

Elle doit aussi se conformer aux décrets de la Fédération Bruxelles-Wallonie et, par exemple, réaliser une émission d’information quotidienne sur les divers évènements locaux pour bénéficier de sa subvention.

Elle est également soumise au contrôle du C.S.A. (Conseil supé&rieur de l’Audiovisuel), ce qui implique une vérification des idées propagées par ses invités. Il est exclu d’inviter des partis fascistes, néo-nazis à venir débattre lors, par exemple, des élections.

Télévesdre reçoit aussi des subventions de la commune de Dison sur le territoire de laquelle elle est installée et de la commune de Verviers.

Signalons enfin, pour clore ce chapitre financier, que 30% des recettes de Télévesdre proviennent de la publicité, le coût dépendant de la fréquence et de la durée des spots publicitaires.

26 personnes travaillent à Télévesdre dont 12 techniciens et 8 journalistes. Le bâtiment qui abrite notre télévision locale est situé rue du Moulin, 30A à Dison. Auparavant, elle se situait rue Neufmoulin dans un château qu’elle occupait intégralement mais qui présentait de nombreuses lacunes au point de vue aménagement, disponibilité des lieux …

Nous entamons ensuite la visite du site de Télévesdre et des divers éléments qui permettent la réalisation des émissions télévisées :

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  • le local infographe : sert à la création des génériques d’émission ; il occupe 2 personnes à temps plein et une à mi-temps
  • la salle de réunion du Personnel où se situe le site Internet de Télévesdre auquel il faut ajouter les réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter.
  • la salle technique (opérationnelle depuis 2007) : les techniciens y travaillent avec des cartes mémoire et un logiciel de montage professionnel. Ces divers outils permettent de reconstituer les coupes de montage pour réaliser une vidéo (il est possible de modifier les voix, la musique …). Celle-ci est ensuite émise sur le réseau de Belgacom ou de Voo. La responsabilité finale du contenu et de la présentation du reportage présenté sous forme de vidéo est du ressort final du rédacteur en chef.
  • les cellules de montage (au nombre de deux) : les reportages diffusés sur Télévesdre font toujours l’objet d’un enregistrement au préalable. Tous les reportages doivent être enregistrés avant 16 h afin d’éviter aux membres du Personnel de prester des heures tardives.
  • la petite régie : sert pour le Journal Télévisé. Comme l’émission n’est pas faite en direct, un seul technicien peut coordonner les caméras automatiques, les titrages, la partie production de l’émission ainsi que le contrôle d’envoi et de réception des différentes diffusions.
  • la régie principale : est utilisée lors d’émissions en direct avec la participation d’invités (6 maximum), requiert un nombre plus important de techniciens ainsi qu’un régisseur pour coordonner le travail des cameramen, la synchronisation des différents micros (éventuellement un chronométrage du temps de parole accordé à chaque intervenant) ; celui-ci a également la communication « interphonie » (communications {parler et écouter}entre techniciens notamment en cas de problèmes techniques mais également avec le présentateur et, éventuellement les différents orateurs.
  • le studio 1 : très confortable, doté d’un beau décor, celui-ci bénéficie de l’air conditionné, d’un éclairage « led » qui génère une faible consommation énergétique ainsi qu’un dégagement de chaleur également réduit. Il est utilisé pour toutes les émissions réalisées en « live ».
  • le studio 2 : il s’agit d’une petite salle dont les angles sont tous arrondis, qui est spécialement affecté à la diffusion du Journal télévisé. Ce studio présente la caractéristique d’offrir un décor uniformément vert baptisé greenkeep c.à.d. que la couleur verte du décor devient transparente afin d’y superposer un décor élaboré en arrière-plan.
  • la salle de spectacle : aménagée au 1er étage, celle-ci doit accueillir 30 activités par an.
  • la salle de maquillage : celle-ci est indispensable pour donner « bonne mine » aux personnes placées sous le feu des projecteurs.

Est-il besoin de préciser que la découverte de l’univers de la télévision, fût-elle locale, suscita un véritable engouement auprès de tous les apprenants et même de leurs professeurs.

Chacun(e) suivit avec un intérêt jamais démenti les différentes phases de cette visite et prit plaisir à découvrir les mille et une facettes et techniques utilisées pour la diffusion d’un programme télévisé tant il est vrai que ce média véhicule, encore de nos jours, un petit côté féérique, imaginaire propre à captiver ceux qui le découvrent.

La visite, suivie de la photo traditionnelle du groupe d’apprenants, se termina aux environs d’11h30.

Pierre Hamel

Professeur bénévole

2014 – Nous les femmes, quelle Europe voulons-nous?

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Présentée par :

 

Madame Marie ARENA, Sénatrice

C’est avec un grand plaisir que le Centre Femmes / Hommes – Verviers a accueilli Marie Arena au Centre afin de lui permettre de nous tracer un tableau réel des discriminations dont sont encore victimes les femmes actuellement C’était aussi l’occasion de revenir sur les dérives et les inégalités liées à cette problématique, aussi bien en Belgique que dans les différents pays européens.

 

La Présidente lut son discours d’accueil au cours duquel elle remercia chaleureusement Marie Arena, Sénatrice, féministe convaincue et Experte en la matière, pour sa présence. Elle exposa ensuite les objectifs du Centre pour l’année 2014.

D’après une étude commandée par l’Internationale des Services publics et parue en juillet 2012, il apparaît que la crise économique et les mesures d’austérité strictes imposées par de nombreux gouvernements réduisent à néant ce que les femmes avaient réussi à obtenir ces 30 dernières années.

Pourtant, les femmes représentent 51 % de la population mondiale et 53 % de la population européenne. Il est légitime de leur rendre leur place au sein de la société, place qui leur est acquise, par la signature du traité de Rome en 1957 et du traité d’Amsterdam en 1997 : « l’égalité entre les femmes et les hommes constitue un droit fondamental et une des valeurs communes parmi les pays membres de l’Union européenne ».

Qu’en est-il ? Alors que la crise économique bat son plein, nous enregistrons une recrudescence des menaces patriarcales quant au travail des femmes. Les salaires de celles-ci sont encore considérés comme salaire d’appoint, secondaire tandis que ceux des hommes sont considérés comme « pourvoyeurs des revenus de la famille ».

Les hommes continuent à gagner en moyenne 20 à 25 % de plus que les femmes, la violence envers les femmes est toujours omniprésente et les femmes accomplissent encore les deux tiers des tâches domestiques non rémunérées. Elles sont les plus nombreuses dans les emplois les moins qualifiés ou précaires, voire des emplois à temps partiel.

Si les femmes représentent 53 % de la population en Europe, elles n’occupent que 35 % des sièges au Parlement et 19.3 % dans les Parlements nationaux ! Nous devons réagir !

Le Pacte pour l’Egalité F / H établi en 2006 est un engagement politique pris par tous les pays européens et il doit être respecté.

Le débat vise à sensibiliser le public sur la nécessité de l’égalité entre les femmes et les hommes dans tous les domaines tant dans la vie publique que dans la sphère privée, l’égalité des genres, à savoir : l’égalité salariale, le respect, la liberté, la justice, le renforcement du pouvoir par les femmes, au niveau de la communication et des méthodes de travail, …

Marie Arena débuta son exposé et, en guise d’introduction, souligna que dans notre pays, nous avons de la chance car le gouvernement prend au sérieux les questions relatives au bien-être des femmes.

Actuellement, dans l’agenda politique, on constate un petit retrait concernant la priorité des femmes et cela est dû à différents facteurs comme, entre autres, l’important travail sur le terrain des mouvements féministes. La loi ne fait pas tout car il existe encore des discriminations flagrantes entre femmes et hommes. Il ne devrait y avoir aucune discrimination liée aux genres. L’intérêt est aussi de conserver la différence entre les femmes et les hommes, sans impliquer de relativisme dans le droit des femmes…

Ensuite, Marie Arena revint sur son parcours personnel. Issue d’une famille italienne catholique, sa mère voulut travailler très vite afin d’obtenir son autonomie et elle trouva rapidement un emploi à Bruxelles malgré l’avis négatif et très traditionnel de sa belle-mère. Par son féminisme exacerbé, la mère de Marie Arena, la dirigea, elle et sa sœur vers des études. C’est ainsi qu’elles poursuivirent des études supérieures alors que leur frère préféra exécuter un travail manuel, comme son père. Leur mère s’occupait alors uniquement de l’éducation de ses enfants et de la maison et gérait, seule, l’argent destiné à l’ensemble de la famille.   Le père de Marie Arena était porteur d’une valeur traditionnelle. Il travaillait en pauses dans le domaine de la sidérurgie. Leur mère était le pilier de la famille et gérait toute l’intendance familiale. Pour cette dernière, le travail était primordial et il fallait rester sur le marché du travail à tout prix. Il lui semblait que la contraception était indispensable pour ses filles car, selon elle, un enfant arrivé trop tôt aurait risqué de casser une carrière déjà bien lancée.

Après cette parenthèse sur sa vie personnelle, Marie Arena expliqua qu’actuellement, il subsiste encore de nombreuses injustices et discriminations à l’égard des femmes. On en répertorie un très grand nombre : elles sont physiques, psychologiques, financières, … L’Europe a tendance à donner des valeurs et des normes à atteindre. Dans les droits fondamentaux tels que les droits à l’égalité F/H, l’Europe doit être un moteur de la promotion de ces droits. Un standard émis par l’Europe devrait être suivi par tous les pays. Il suffirait de connaître les indicateurs importants au niveau du genre pour en retirer les objectifs importants et essayer de les atteindre après différentes étapes. Il faut des indicateurs stables afin d’obliger les pays à se maintenir aux positions déterminées par l’Europe. L’Etat doit prendre des mesures dans de nombreux domaines, notamment, concernant l’avortement, la prostitution, la violence à l’égard des femmes, … Il faut établir des plans coordonnés et avoir un Commissaire qui s’occupe de la question du Genre, comme il existe un Commissaire à l’Environnement.

La politique du Genre doit être coordonnée au niveau de l’Europe. L’égalité F/H est une grande avancée dans certains pays mais recule cependant dans d’autres. Il faut remettre à jour ces données pour tous les pays européens et établir une norme européenne unique.

Il est vrai que l’égalité F/H est à un moment donné une perte du pouvoir exercé sur la femme ou l’homme mais il est pourtant primordial de défendre cette égalité quelles que soient nos cultures, valeurs, origines, …

Une société où le droit des femmes n’est pas défendu est une société rétrograde. Il suffit de regarder les avancées réalisées dans certains pays et on constate immédiatement que le droit des femmes est bien défendu.

Heureusement que de nombreuses femmes, comme Marie Arena, sont des militantes et combattent ces phénomènes discriminants mais leur combat n’est pas terminé, il faut continuer.

2014: Visite du musée Renier

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Ce mardi 21 janvier, les apprenants des groupes 3 (largement majoritaires) et des groupes 2 ont pu apprécier la qualité et la diversité des œuvres que le musée permet à ses visiteurs d’appréhender. Certains étudiants ont suivi les berges de la Vesdre pour gagner le musée, découvrant ainsi un parcours touristique récemment remis en valeur.

C’est Madame Deblanc, Conservatrice du musée, qui se chargea de souhaiter la bienvenue à chacun et chacune. Elle rappela ensuite les origines de la création du musée verviétois, signalant que celui-ci, autrefois, servait d’hôpital.

Elle proposa ensuite aux apprenants de découvrir soit les locaux renfermant des porcelaines, grès, faïences soit de suivre l’évolution des œuvres picturales à travers les siècles, œuvres qui comme toutes celles présentées au public sont d’une haute qualité culturelle.

Le choix s’étant porté sur l’art pictural, Madame Deblanc entama donc la visite par des tableaux peints au 14ème siècle. Dès le début et jusqu’à la fin de la visite, Madame Deblanc se révéla un guide « hors pair » connaissant son sujet sur le bout des doigts, agrémentant en outre ses commentaires de renseignements historiques pertinents, le tout en utilisant un langage clair, accessible aux élèves.

C’est ainsi, par exemple, qu’elle précisa le rôle essentiel joué par la ville de Florence au point de vue artistique dans le passé mais qu’elle nous révéla que cette cité occupe encore une place prépondérante dans l’art et la culture contemporains.

Elle spécifia également que l’art est un domaine subjectif, que ce qui semble beau ou laid à l’un d’entre nous peut paraître tout le contraire à notre voisin. Elle rappela aussi que certaines techniques, certains procédés utilisés par un artiste peuvent nous paraitre désuets mais avoir été « avant-gardistes » à l’époque où ils furent utilisés.

Elle nous parla aussi de la Réforme et du courant artistique, le Baroque qui apparut en réaction face à celle-ci. Elle expliqua que le Baroque, initié suite à l’intervention du Pape pour combattre le Protestantisme se voulait un art chaleureux, accessible à tous, plus humain à l’opposé du classicisme citant notamment les grands artistes du Baroque : Rubens, Rembrandt, …

Nous passâmes ensuite aux œuvres du 18ème siècle, période durant laquelle les femmes jouirent d’une certaine indépendance qu’un certain Napoléon, avec la parution de son Code civil, début 19ème siècle, s’empressa de leur supprimer assimilant les femmes à des enfants mineurs !

Nous découvrîmes ensuite divers courants artistiques : le romantisme, son opposé le réalisme et, enfin, le courant certainement le plus connu, le plus populaire, l’impressionnisme.

Ce fut l’occasion d’apprendre que si, auparavant, toutes les œuvres d’art étaient exécutées sur bois et, exclusivement, dans les ateliers des artistes, la découverte des tubes de peinture va émanciper le peintre de toutes ces contraintes et lui permettre d’exercer son art à l’extérieur à l’aide d’un chevalet et de ses précieux tubes de peinture. Elle nous explique également t que ladite peinture ne sera plus effectuée « à plat » mais bien à l’aide de petites touches.

En conclusion, Madame Deblanc nous fit admirer des peintures dont le seul but était de décorer des appartements. Celles qu’elle nous fit découvrir avaient pour cadre la vie à la campagne et la Vesdre servait de fil conducteur à ces représentations d’un passé encore récent mais qui nous semble complètement obsolète aujourd’hui.

La visite se termina à 11h 30 précises et les premières impressions relatives à cette visite et recueillies auprès des apprenants par les professeurs furent toutes positives voire admiratives.

2014 – L’euthanasie des mineurs

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Présentée par :

Monsieur Philippe MAHOUX, Sénateur / Président du Groupe socialiste au Sénat.

 

Modérateur :

Monsieur Jean-François ISTASSE, Sénateur / Député.

 

La conférence/débat sur l’euthanasie des mineurs organisée par le Centre F/H – Verviers en collaboration avec le PAC local Verviers, a récolté un franc succès.

Il est vrai que l’orateur de marque, le Sénateur Philippe Mahoux, Président du Groupe PS au Sénat, a remarquablement exposé son projet de loi (qui par la suite a été voté) devant un parterre de médecins du CHPLT mais aussi de LA CITADELLE, ainsi que plusieurs enseignants et éducateurs et responsables politiques.

Après avoir détaillé le pourquoi et le comment du besoin de l’euthanasie chez les mineurs, Philippe Mahoux a répondu aux nombreuses questions, certains parfois très critiques.

Le Sénateur a insisté sur le fait « que le mineur souffre aussi bien qu’un adulte et qu’il a le droit de demander d’abréger ses souffrances ».

La loi sur la dépénalisation de l’euthanasie permet aux mineurs d’y avoir accès. L’euthanasie n’est pas un crime et n’est plus un délit mais les conditions pour y accéder sont évidemment très drastiques.

Pour autoriser une euthanasie, il faut que de nombreuses conditions soient réunies. En effet, les enfants malades doivent être atteints d’une maladie totalement incurable qu’aucun moyen ne permette de soulager leurs souffrances physiques.

Une association pour le droit de mourir dans la dignité a été créée. La loi du 28 mai 2002 relative à l’euthanasie régit l’acte d’euthanasie. L’euthanasie est reconnue comme un droit pour chaque malade à poser ses choix en termes de vie et de mort pour autant qu’il se trouve dans les conditions édictées par la loi.

On peut exprimer des intentions et des refus en matière de soins de santé et de fin de vie pour le cas où on ne serait plus en état de manifester clairement sa volonté (coma, par exemple) en rédigeant ce qu’on appelle une « déclaration anticipée de volonté ».

Dans une déclaration anticipée de volonté, le patient encore capable d’exprimer sa volonté, demande de manière explicite que soit pratiquée l’euthanasie.

Cette déclaration est valable si :

– Elle a été rédigée selon le modèle de formulaire que prescrit la loi.

– Elle a été établie ou confirmée moins de cinq ans avant le début de l’impossibilité pour le patient de manifester sa volonté.

– Elle a été établie en présence de deux témoins majeurs dont au moins l’un n’a aucun intérêt matériel au décès.

Cette déclaration peut aussi désigner une ou plusieurs personnes de confiance qui le moment venu, mettront au courant le médecin traitant de la volonté du patient. Ces personnes de confiance cosignent le formulaire.

Le patient peut à tout moment retirer ou adapter sa déclaration anticipée de volonté. Elle ne sera de toute façon exécutée que si le patient est atteint d’une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable, qu’il est inconscient et que son état est jugé irréversible.

En dehors de cette déclaration anticipée, une euthanasie peut être pratiquée à la demande expresse du patient au moment où il est encore en état d’exprimer sa volonté actuelle de mourir.

Cette demande doit être faite par écrit, datée et signée. Elle peut être rédigée par une tierce personne en présence du médecin si le patient n’est pas capable d’écrire (paralysie, par exemple).

Conditions :

Une euthanasie ne peut être pratiquée que si les conditions suivantes sont remplies :

– Le patient est majeur (ou mineur anticipé) au moment de sa demande.

– Le patient est capable et conscient au moment de sa demande.

– La demande écrite est formulée de manière volontaire, réfléchie et répétée.

– La demande ne fait l’objet d’aucune pression extérieure.

– Le patient se trouve dans une situation médicale sans issue.

– La souffrance physique et/ou psychique est constante, insupportable et inapaisable.

– L’état du patient est dû à une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable.

Devoirs du médecin :

La loi ouvre un droit à la demande d’euthanasie, pas à l’euthanasie : le médecin n’est donc pas obligé de pratiquer l’euthanasie. C’est au patient qu’il revient de trouver un médecin qui accède à sa demande. Avant de pratiquer l’euthanasie sur le patient, le médecin doit impérativement :

– L’informer de son état de santé et de son espérance de vie

– Evoquer avec lui toutes les possibilités thérapeutiques et en arriver avec le patient à la conviction qu’il n’y a aucune autre solution raisonnable dans sa situation

– S’assurer de la persistance de sa souffrance et sa volonté répétée d’en finir

– Consulter un autre médecin quant au caractère grave et incurable de l’affection et l’en informer

– S’entretenir avec ses proches si le patient le souhaite et le cas échéant, s’entretenir de la demande avec l’équipe soignante en contact régulier avec le patient

– S’assurer que le patient a eu l’occasion de s’entretenir avec les personnes qu’il souhaitait rencontrer

– Si le décès ne doit pas intervenir à brève échéance, consulter un deuxième médecin quant au caractère constant, insupportable et inapaisable de la souffrance et au caractère volontaire, réfléchi et répété de la demande

– Laisser s’écouler un mois entre la demande écrite du patient et l’acte d’euthanasie

– Constituer un dossier médical

La responsabilité du médecin est engagée dans un acte d’euthanasie. En cas d’irrégularité, la Commission de contrôle et d’évaluation qui vérifie si l’euthanasie a été pratiquée dans le respect des conditions légales, peut transmettre le dossier à la justice.

Le médecin (et non l’infirmière) doit prendre le temps de mûrir sa réflexion car il s’agit de sa responsabilité qui est engagée. Cette décision est très lourde et irréversible. Il y a tout un aspect éthique, déontologique, … à prendre en compte avant de donner l’accord pour la pratique d’une euthanasie.

Si le patient est encore dans un état de conscience suffisant, il peut effectuer lui-même la demande d’euthanasie et en parler longuement aux médecins. Cela ne se fera pas sans l’accord de deux médecins et de la famille. Il est important aussi que le mineur jouisse de sa capacité de discernement.

Et pour la petite histoire, il faut savoir que les Bouddhistes sont d’accord avec la loi sur l’euthanasie chez les mineurs…

Une réponse à des situations insoutenables doit toujours être trouvée. Il faut créer un espace de liberté réel avec des balises très bien placées de sorte à éviter tous types d’abus.

Actuellement, 1 400 euthanasies ont été pratiquées sur des adultes en Belgique. Pendant 9 ans, personne n’a critiqué cet état de fait puis tout d’un coup, les critiques ont abondé.

La nouvelle loi s’applique aux majeurs ou mineurs émancipés qui sont atteints de maladies dégénératives, cancers incurables, … pour lesquels il n’existe plus aucun traitement et qui n’ont alors plus aucune perspective d’avenir ou de guérison.

Auparavant, la souffrance était une fatalité mais actuellement, la situation a évolué. Il s’agit d’un progrès important. L’euthanasie est un acte ultime posé par un médecin. La charge émotionnelle est importante pour le corps médical.

Pour autoriser l’euthanasie d’un enfant se trouvant dans un état incurable, la demande aux pédiatres permet de venir en aide aux mineurs se trouvant dans une situation désespérée et dans une souffrance devenue insupportable. Heureusement, les cas d’euthanasie de mineurs sont rares.

Un mineur peut-il prendre la décision seul ? Oui, en Hollande, c’est le cas pour les enfants âgés de plus de 12 ans. Il est très difficile, dans notre pays, de fixer un âge minimum car les enfants doivent disposer d’une capacité de discernement importante.

Les enfants effectuent la demande mais l’avis parental est indispensable. Le patient demande et le médecin répond.

Le Sénateur – Député, Jean-François Istasse, était au Sas Compas-Format Verviers début février dernier pour expliquer et débattre avec les jeunes du projet sur l’euthanasie et les jeunes. Brillant débat de la part du Sénateur-Député et grande participation des jeunes.

 

 

 

2014 – Sensibilisation à la suppression de la prostitution

prostitution - 20-2-2014 15

prostitution - 20-2-2014 15

Ce jeudi 20 février se tenait donc une séance d’information mise sur pied par le Centre Femmes/Hommes de Verviers.

Les personnes choisies pour animer cette soirée appartenaient à des organismes qui ont pour but la lutte pour l’égalité Femmes/Hommes et, en corollaire, l’éradication de la prostitution.

Il s’agissait de :

  • Pierrette PAPE, membre de l’A.S.B.L. ISALA et aussi du Lobby Européen des Femmes
  • Pascale MAQUESTIAU, qui œuvre en faveur de l’organisation Le Monde selon les Femmes
  • Modi NTAMBWE qui travaille au sein du Réseau Européen des Femmes Migrantes.

La Présidente du Centre ouvrait la séance à 19h30 en souhaitant la bienvenue aux personnes présentes et en les remerciant de leur présence. Elle tint ensuite à expliquer dans un bref discours ce qu’était le Centre Femmes/Hommes de Verviers. Un des principaux buts du Centre est de combattre toute forme de discrimination (philosophique, culturelle ou religieuse) et de violences, notamment celles subies par les femmes. Le Centre œuvre aussi pour le respect de l’égalité totale entre femmes et hommes, élément essentiel à la réussite d’une société harmonieuse et pleinement démocratique.

La domination qu’exerce encore trop souvent l’homme à l’encontre de la femme constitue la principale pierre d’achoppement à cette ambition et la prostitution est l’exemple le plus flagrant des inégalités qui subsistent encore et qu’il faut combattre.

La prostitution se pratique le plus souvent dans le cadre d’un système criminel organisé, complexe qui permet à des « clients » d’avoir, contre rémunération des relations sexuelles avec d’autres personnes placées sous la coupe d’un proxénète. Ces personnes, en général des femmes (adolescentes ou adultes) sont bien sûr stigmatisées par les gens bien pensants. Ce sont les « prostitués(es) » !

 

Bien qu’il soit très difficile d’avoir une évaluation précise du nombre de prostitués(es), de proxénètes et du chiffre d’affaires généré par ces activités, il semble que l’on assiste à un développement de l’industrie du sexe en Europe occidentale.

Il faut savoir par exemple que, dans nos pays, 85% des prostituées proviennent des pays de l’ancien bloc communiste et de l’Afrique.

Une journée d’étude consacrée au 65ème anniversaire de la convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui a débouché ce 30 septembre sur la « Déclaration de Bruxelles » appelant à renforcer la lutte contre l’exploitation d’autrui mais également la prévention de la prostitution. Un des pistes évoquées était, au niveau de l’Europe, la saisie des biens immobiliers et mobiliers des proxénètes. La Présidente signala ensuite que le colloque/débat d’aujourd’hui avait été précédé de la projection du film « Chaos » qui servait de préface idéale à cette soirée. Elle passa ensuite la parole à la première intervenante, Pierrette PAPE.

 

Celle-ci, en guise de préambule, s’attacha aux poncifs que véhicule notre société :

  • un homme qui a de nombreuses aventures est un « Don Juan », la femme une nymphomane
  • la femme qui se prostitue le fait de son plein gré
  • la prostituée est une « travailleuse du sexe », c’est un travail comme un autre …

IL apparaît ainsi, clairement, que, de nos jours encore, au sein de sociétés considérées comme évoluées, les normes qui s’appliquent de nos jours aux hommes et aux femmes sont toujours fondamentalement différentes et que ces différences favorisent une vision tronquée de la réalité, du vécu des prostituées.

L’inégalité Femmes/Hommes sert ici de paravent, d’excuse facile à cet esclavage imposé à des êtres humains. La prostitution est en outre réductrice des rapports humains. Le sexe, pour certains, se réduirait donc au versement d’une somme d’argent en dehors de toute autre considération. Et que dire des violences faites aux femmes pour les contraindre à se prostituer : vols de passeports, menaces, chantage, violences physiques … ?

Madame PAPE utilisa aussi pour illustrer ses propos un DVD, l’image étant souvent plus percutante que les paroles. Elle s’attacha ensuite à démontrer que, pour aider les prostituées à quitter ce milieu, il fallait impérativement casser l’isolement dans lequel elles sont maintenues.

 

Madame Modi NTAMBWE intervint à son tour pour stipuler que, face à la prostitution organisée des femmes migrantes en Europe, il fallait créer une coupole, une plate-forme commune à l’échelon européen avec un objectif commun : une migration légalisée, équitable envers toutes les immigrées.

Elle signala aussi que la prostitution génère, en amont, un trafic humain très rentable. On crée un centre de mobilité illégal pour les femmes, lesquelles à leur arrivée à destination tombent sous la coupe des proxénètes qui les privent de leur passeport et, bien sûr de tout droit.

Il faut dire, hélas, qu’en Belgique, les budgets sont bouclés et que rien, de ce fait, n’est fait pour combattre ce trafic. Or, la prostitution est un fléau qu’il faut absolument combattre sous peine de le voir s’intensifier.

Certains partis d’extrême droite veulent légaliser celle-ci en supprimant le côté émotionnel qu’elle véhicule. Ainsi, les prostituées seraient dorénavant des « travailleuses du sexe ». Oui, mais sur base de quels critères va t’on définir une « bonne prostituée « ?

Il faut rappeler ce chiffre : 80% des prostituées sont originaires de l’étranger. Celles-ci sont réduites en esclavage, violences physiques à l’appui et/ou utilisation de drogues dures pour les maintenir en état d’asservissement et de déconnexion avec les autres. En Belgique, ce problème de traite des êtres humains est très nébuleux, tabou dans les milieux de l’immigration. Les statistiques que l’on possède révèlent que le Congo (pour la Belgique, la France), le Ghana et le Niger (pour la Hollande et l’Allemagne) sont les principaux pourvoyeurs des proxénètes. Ceux-ci, dans 80% des cas, préfèrent utiliser des femmes seules, sans attaches dans le pays de destination.

Elle signala, elle aussi combien les clichés ont la vie dure et facilitent la prostitution :

les Asiatiques sont passives, soumises,

les Africaines voluptueuses, sensuelles,

les filles venues de l’Est, blondes, sculpturales..

Ces images, triste héritage du passé ou de l’imaginaire, de l’esclavage, du racisme favorisent cette migration sexuelle de même que la paupérisation. Celle-ci se rencontre partout, à telle enseigne qu’il n’est pas rare de voir des jeunes étudiantes, à l’université, se prostituer pour payer leurs études. Les proxénètes savent aussi « culpabiliser » les femmes (tout est de leur faute) pour mieux les asservir.

 

Madame MAQUESTIAU, se servant elle aussi du support médiatique qu’offre le DVD va aborder le chapitre de l’hyper sexualisation. Celle-ci consiste à donner un caractère sexuel à un produit ou à un comportement qui, à l’origine, n’en comporte aucun.

Chacun sait que la clientèle des ados constitue une cible privilégiée ; dès lors, l’on va se servir du sexe pour vendre des produits d’usage courants : soutien-gorge, sac, slips, vacances. L’on assiste à l’émergence de courants stéréotypés, sexistes véhiculés par les médias ainsi qu’à l’érotisation des corps des filles même dans le cadre de campagnes éducatives contre le tabac, images à l’appui !

Des professionnels de l’enfance ont même réclamé un débat sur les rapports enfants/publicité ; un(e) enfant/ado est-il un mannequin comme les autres ?

Il est patent que l’on banalise la sexualité partout : les revues féminines elles-mêmes passent des publicités à connotation sexuelle ce qui amène les filles à trouver banal, normal qu’une photo de mode soit hypersexuée. Les jeunes, filles ET garçons sont les premières victimes de cette banalisation : les filles sont confrontées à des problèmes de boulimie ou d’anorexie, les garçons, eux, sont exposés à la cyber violence, à la pornographie véhiculée par les médias et à la banalisation des violences sexuelles.

 

Tout ceci conduit à une modification grave du regard que les hommes posent sur les femmes et de leur comportement suite à la vision de certains films machistes, sexistes comme les films à caractère pornographique, à l’éloge au sein de groupes d’hommes de la masculinité voire de la virilité exacerbée en temps de guerre comme en temps de paix, au Nord comme au Sud, aujourd’hui comme hier. L’on crée ainsi une exploitation consentie tant par les hommes que par certaines femmes.

La question éthique qui résulte du consentement exigé dans le cadre de la législation belge en ce qui concerne les relations sexuelles et, plus spécifiquement la prostitution tend ainsi à se diluer avec, entre autres, l’apparition de » travailleuses du sexe ».

Les syndicats, en Belgique, doivent dire NON à ce statut dans lequel on veut enfermer les victimes de la prostitution.

Une comparaison avec les autres pays nous apprend que la Suède a aboli la prostitution en pénalisant les clients et en traquant ceux-ci jusque sur les réseaux qui travaillent sur le Net. Suédois et Suédoises doivent être égaux et l’éradication de la prostitution constitue un must dans ce pays, celle-ci étant perçue comme une entrave à l’égalité Femmes/Hommes voulue dans cet Etat.

 

Les Pays Bas, eux, privilégient le choix des femmes de se prostituer LIBREMENT dans un système « organisé ». L’on constate malheureusement que, chez eux, les proxénètes ont pignon sur rue, sont considérés comme des commerçants ordinaires, que plus aucun contrôle ne peut s’exercer dans les immeubles destinés à ce trafic. Comment s’étonner dès lors que 90% des femmes qui se livrent à la prostitution dans ce pays se déclarent obligées d’exercer cette profession avilissante ?

En Belgique, comme en France, règne un flou juridique qui profite largement aux proxénètes.

Les 3 oratrices proposent finalement au public présent de leur communiquer leurs impressions, réflexions et questions concernant le sujet traité. Il s’ensuit un débat animé entre les intervenantes et le public qui s’est visiblement senti très concerné par ce suijet.

Il est rappelé que la prostitution rapporte des sommes colossales aux proxénètes, que cet argent est très souvent synonyme de pouvoir, de corruption…

Un cliché va être ainsi mis à mal : les clients des prostituées sont presque toujours des hommes mariés, qui souvent ont une ou des maîtresses, une sexualité élevée et non des malheureux isolés et/ou handicapés. Ceux-ci n’auraient-ils pas droit à une sexualité où l’affection, la tendresse existeraient et où les rapports ne seraient pas codifiés par l’argent ?

La Présidente du Centre, Jeannine GERLACH, intervint alors pour clôturer le débat, vu l’heure tardive. Elle formula le vœu d’avoir apporté un éclairage nouveau sur le problème de la prostitution, adressa ses remerciements aux oratrices et à Sophie de Hareng, stagiaire, qui toutes étaient venues de Bruxelles pour animer ce débat /colloque et leur remit, en remerciement, un cadeau typiquement verviétois : la tarte au riz.

2014 – Les élections des mini-miss: à combattre, à structurer ou à légiférer ?

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Avec les acteurs de terrain :

Madame Françoise GOFFINET,

de l’Institut pour l’Egalité entre les Femmes et les Hommes.

Monsieur Bernard DE VOS,

Délégué général aux Droits de l’Enfant de la Fédération Wallonie – Bruxelles.

 

Après le discours de bienvenue de la Présidente et la présentation des deux intervenants de la conférence/débat, Madame Goffinet prend la parole et présente les différentes missions de l’Institut pour l’égalité entre les femmes et les hommes et celles du Centre pour l’Egalité des Chances et la Lutte contre le Racisme. Ces deux organismes collaborent au jour le jour car certaines formes de discriminations sont croisées. Les stéréotypes sont évidemment à la base des discriminations. L’égalité des Femmes et des Hommes a été inscrite dans la Constitution belge le 8 mars 2002. En termes de législation sur l’égalité, l’année 2002 a connu de nombreux changements.

En 1974, la Commission du Travail des Femmes fut créée. En 2013, ce Conseil qui relie de nombreuses associations du monde associatif féminin dont le CFFB, s’est aperçu qu’il fallait aborder la problématique des concours de mini-miss.   Une commission fut créée pour aider l’Inspection du travail concernant le travail des enfants. Certaines dérogations doivent être demandées par les parents si leur enfant est âgé de moins de 16 ans.   La dimension de genre est très importante dans ce type de concours, ce qui nécessite de créer une Commission à ce sujet car la proportion garçon / fille est de 1 sur 10 ! A Wavre, un concours mini-mister a été créé mais il est totalement insignifiant. Beaucoup de questions restent en suspens concernant les petites filles qui sont enfermées dans des stéréotypes féminins dès leur plus jeune âge mais en Belgique, on est encore loin des concours qui existent aux Etats-Unis …

Là-bas, les enfants qui participent à ces concours sont totalement sous l’emprise de leur mère qui leur impose ses désirs propres tant au niveau des vêtements à porter, du maquillage, que du comportement à adopter et bien d’autres aspects qui, insidieusement, neutralisent en grande partie le comportement et la spontanéité naturelle de ces enfants. La législation en matière de travail des enfants est parfois contournée car on s’aperçoit que ceux-ci ne perçoivent pas de rémunération sous forme monétaire. De ce fait, on inculque aux enfants des choses qui vont à l’encontre des valeurs de santé et de bien-être défendues par l’Institut. Cependant, il faut savoir qu’interdire ne sert à rien car les dégâts risquent d’être encore pires et il n’y aura plus moyen de lutter contre cette forme vicieuse d’imposition de stéréotypes sexistes et inégaux. La publicité quotidienne est en grande partie responsable de multiples stéréotypes d’hypersexualisation et d’inégalités entre les femmes et les hommes.

Après l’exposé de Madame Goffinet, Monsieur De Vos prend la parole et en profite pour féliciter les deux hommes présents dans la salle alors que ce sujet intéresse davantage les femmes. L’Institution pour laquelle il travaille et rend des avis sur les thèmes liés de près ou de loin à l’enfance. Il s’agit donc d’obtenir un avis éclairé qui se base prioritairement sur le bien-être des enfants. Les enfants, surtout les petites filles, aiment se déguiser, se grimer et imiter leur mère et les parents trouvent cela très amusant mais de là à ce que ces derniers les mettent en avant dans des concours de mini miss, leur apprennent à défiler avec des sourires sexy et souvent en étant très dévêtues, il y a un pas. En effet, ce sont souvent les parents qui poussent les enfants à se surpasser dans ce type de concours. L’amour entre les parents et les enfants est conditionné par la réussite et le premier prix dans ces concours de mini-miss avec, malheureusement, aussi des conséquences graves telles que : anorexie, boulimie, dépression, changement de personnalité de l’enfant, … Le renforcement incroyable des stéréotypes de genres est très important et cela n’est pas acceptable. L’égalité entre les sexes est totalement négligée. La question de la provocation par rapport à des adultes à personnalité faible (par exemple, des gens ayant tendances à la pornographie et / ou à la pédophilie), pose un grave problème. En 2009, Monsieur De Vos a rendu un avis au sujet de ce type de concours. Dans le cadre de ses missions, il se demande si les codes du porno peuvent être intégrés dans la vie de tous les jours. Le fait que la pornographie soit accessible très facilement pour les enfants via les moteurs de recherche internet est aussi très négatif car l’image de la femme est totalement faussée et cela entraîne des comportements déviants de la part de nombreux jeunes qui n’ont plus de respect pour la femme. Un code de valeurs devient alors impossible à donner car les parents n’ont plus aucune légitimité en ce qui concerne la sexualité. Les concours de mini-miss se développent facilement car notre société montre en permanence qu’il faut sortir du lot, comme on le constate dans le cadre de la téléréalité avec des émissions abrutissantes et complètement creuses, sans aucun intérêt.   La société a évolué très rapidement ces 15 dernières années… Il y a 15 ans, l’image de la femme était très différente de maintenant. L’école n’a pas bougé depuis 50 ans contrairement aux familles qui ont connu une évolution fulgurante : famille recomposées, pluri-parentales, mono-parentales, homo-parentales, nouvelles techniques de procréation assistée, … Quand on a une formation intellectuelle, il est possible de raisonner et d’éviter de tomber dans les pièges mais beaucoup de personnes n’y arrivent pas.

On constate de plus en plus qu’un climat de marchandisation de l’enfance et de la jeunesse a pris le dessus. De nouveaux produits sont arrivés sur le marché et se destinent exclusivement aux enfants (soutien-gorge wonderbra pour petites filles, vernis à ongles très colorés, revues destinées uniquement aux ados, …). Le marché nous gouverne via les enfants et la sexualité. Les lois devraient interdire de nombreuses dérives et les faire cesser mais le marché trouverait vite de nombreux autres moyens de contourner la loi car il y a évidemment de lourdes mannes financières en jeu. La Suède a pris d’autres dispositions : une loi a été approuvée et c’est ainsi que l’on ne trouve plus d’enfants dans la publicité.

Monsieur De Vos pense qu’il ne faut surtout pas interdire les concours de mini-miss car il y aura toujours des solutions pour les contourner mais il faut réellement contrôler la réglementation du travail des enfants afin de ne pas laisser faire n’importe quoi aux organisateurs de ce type de concours. Il est certain que ces concours sont susceptibles d’être défavorables au bon développement des enfants et c’est pourquoi les organisations seront tenues de demander des dérogations. Il faut absolument éviter la clandestinité.

Concernant l’hypersexualisation, il faut réglementer sans interdire et établir des règles, suivies d’amendes et de sanctions si nécessaire. Il faut soutenir l’autorégulation des producteurs de produits à messages. Les enfants doivent grandir à leur rythme et ils doivent avoir du temps pour cela. Une pression plus importante sur les gros groupes commerciaux doit aussi être maintenue. La sensibilisation et la prévention doivent être également plus importants car trop peu d’adultes sont vraiment sensibilisés et conscients de ces déviances. La prévention commence dans les écoles par la sensibilisation des professeurs. Il y a maintenant une obligation d’organiser des séances d’éducation à la vie affective et sexuelle mais les budgets ne suivent pas … Il y a de nombreuses pistes à travailler. La presse aussi doit être encouragée pour sortir des titres plus matures et éviter les clichés tellement néfastes au bon développement des enfants.

2013- L’excision

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Présentation de l’ONG GAM’S BELGIQUE

L’association GAM’S organise des activités de sensibilisation auprès des communautés concernées, des séances d’information et de formations auprès des professionnels, ainsi qu’un plaidoyer au niveau national et international en faveur de l’abolition des mutilations sexuelles.

Le GAM’S soutient les démarches individuelles des victimes des mutilations en les guidant vers les services appropriés (services de santé, aide juridique, …) et propose depuis 2009 des consultations psychologiques individuelles et des ateliers en groupe.

Au niveau national, le GAMS Belgique est à l’initiative du Réseau des Stratégies concertées de lutte contre les mutilations génitales féminines (www.strategiesconcertees-mgf.be) qui rassemble des professionnels des différents secteurs et favorise le travail en réseau. Le GAMS a également encadré l’écriture du guide belge sur les MGF à l’usage des professions concernées.

Au niveau européen, le GAMS Belgique est partenaire belge de la campagne européenne « END FGM in Europe » soutenue par Amnesty International Irlande dans 13 pays, qui mène un plaidoyer auprès des institutions européennes et des Etats membres pour l’adoption de stratégies coordonnées au niveau européen pour mettre fin aux MGF. En 2009, le GAMS a pu rassembler des dizaines de signatures de parlementaires européens qui s’engageaient à soutenir cette campagne (www.endfgm.eu)

Au niveau international, le GAMS est actif au sein du Comité Inter Africain (CIAF), coupole qui rassemble tous les comités nationaux de lutte contre les mutilations génitales et autres pratiques traditionnelles. Le GAMS appuie un projet d’abandon de l’excision à Vélingara au Sénégal.

Conférence/débat

Mesdames Khadidiatou Diallo, Présidente, et Madame Halomatou Barry, Animatrice communautaire pour la Wallonie, de l’ONG GAM’S BELGIQUE, présentent ensuite la conférence/débat consacrée à l’excision.

Les mutilations génitales féminines sont reconnues comme une atteinte grave au droit des femmes. De l’avis de plusieurs experts, l’excision date de l’Egypte ancienne et elle était déjà pratiquée sur les esclaves de la Rome antique. C’était l’expression du droit de propriété du maître sur l’esclave. L’infibulation se pratiquait aussi sur les jeunes mâles pour les empêcher d’avoir des relations sexuelles. A l’époque des pharaons, cela s’appelait la circoncision pharaonique. L’origine des mutilations génitales féminines reste encore très obscure. Le silence qui les entoure dans la société africaine en fait un sujet tabou.

Tout au long de la colonisation, au travers des programmes consécutifs de corporation au développement, on a préféré ignorer ces pratiques ancestrales qui touchaient les femmes, en prétextant le respect aux traditions locales. L’excision existait déjà dans le Sub-saharien et dans l’Est de l’Afrique centrale bien avant la propagation du Christianisme et de l’Islam. Ces religions n’ont donc pas influencé ces coutumes archaïques, même si dans certains pays, on essaie de les faire passer comme pratiques religieuses. C’est une pratique traditionnelle et plus spécialement, pour la femme, un rite de passage à la vie adulte ou à la vie de femme. Ces traditions héritées des générations passées doivent se transmettre aux générations suivantes ! Nous devons combattre et dénoncer de toutes nos forces ces pratiques barbares exercées sur les fillettes, sur les femmes, voire même sur des nourrissons car les mères pensent que leurs filles souffriront moins.

Sans volonté politique, rien ne changera. iI faudrait créer une alliance entre la Belgique et les pays africains pour changer la donne. La fermeté est important car les subsides publics sont utilisés et il y a peu de résultats. Des décisions politiques doivent être mises en œuvre. Une résolution doit être décidée pour accompagner des actions sinon, rien ne changera. Les intervenantes de terrain qui travaillent concrètement, tout sera pareil dans 10 ans. Les instances politiques doivent vraiment se pencher sur le sujet. Le GAM’S Belgique pourra ainsi faire des lobbys auprès des communautés africaines mais également auprès des Belges.

La ville de Verviers sera contactée prochainement afin de permettre au GAM’S de présenter le sujet des mutilations génitales féminines dans l’arrondissement verviétois.

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Le GAM’S sensibilise un maximum de personnes et les rencontre pour leur faire comprendre qu’en Belgique, une loi interdit formellement les mutilations génitales féminines. Des psychologues et des gynécologues sont également disponibles. Leurs partenaires sont Intact et Amnesty international.

Des rencontres sont également organisées dans les centres fermés afin d’informer et sensibiliser les ressortissants étrangers. La Belgique interdit l’excision et le GAM’S a de nombreux bureaux dans tout le pays.

Après cette présentation historique de l’origine des mutilations génitales sexuelles, les animatrices ont présenté un reportage, sorte de témoignage de dames africaines qui ont malheureusement subi tous types de mutilations : excision, infibulation, … Le rôle de la famille était bien expliqué et les témoignages étaient bouleversants.

L’excision se pratique beaucoup dans les pays suivants : la Somalie, le Mali, le Cameroun, la Guinée, l’Egypte, le Soudan, la Gambie, l’Ethiopie, la Mauritanie, et dans de nombreux autres pays africains …

Après ces explications, les intervenantes ont projeté un reportage constitué de témoignages de dames africaines ayant été victimes d’excision et/ou d’infibulation. Ces témoignages poignants ont permis au public de mieux se rendre compte de l’atrocité de telles pratiques. Durant ce reportage, nous avons compris quelle était leur souffrance aussi bien physique que psychologique. Certaines jeunes filles sont mortes après une de ces mutilations, souvent à cause d’une infection non soignée qui a dégénéré en septicémie.

Une fois le reportage achevé, le public a pu poser des questions aux deux intervenantes et en savoir un peu plus sur la problématique et sur le rôle joué par GAM’S dans notre pays. Le manque de prévention et de communication est flagrant malgré les nombreux efforts du GAM’S et ses interventions régulières.

Ensuite, Madame Diallo a présenté le mannequin et nous a montré les différents types de mutilations et d’infections souvent subies par les femmes, jeunes ou moins jeunes.

Certaines parties du mannequin sont amovibles et interchangeables. Grâce à cela, le public a pu constater que les dégâts causés par les mutilations sont terribles, graves et malheureusement, souvent irréversibles.

 

2012 – Auschwitz, plus jamais ça…

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Présentation :

Monsieur Jean Cardoen, Historien – Directeur de l’IV – INIG – Bruxelles

Monsieur Roger Hennemont, Déporté et Prisonnier de guerre des camps de concentration d’Esterwegen et de Dachau.

Avec l’aide de Monsieur Helmut ERNST, Assistant social germanophone à l’Institut national des invalides de guerre.

 

La Présidente remercie et présente les intervenants de la soirée durant son discours de bienvenue. Alors s’élève la musique de La Brabançonne. Ensuite, la parole est donnée à Monsieur Cardoen.

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Il présente un Powerpoint sur les camps de concentration en Allemagne et il explique qu’il y eut près de 20 000 lieux de détention en Allemagne et dans les territoires occupés.

L’IV-INIG fut créé en 1919, sous la tutelle de La Défense ; il a trois grandes missions :

– Sa première mission est le remboursement des soins de santé aux invalides de guerre.

– La seconde est une mission d’assistance sociale via des services sociaux appropriés.

– La troisième est la préservation et la transmission de la mémoire.

Les anciens ont remarqué que 50 ans après la guerre mondiale, le message pour la liberté disparaissait de plus en plus. Il était grand temps d’agir rapidement pour perpétuer le souvenir et surtout lutter contre la résurgence des partis d’extrême droite et le populisme.

L’aspect de transmission de la mémoire est important car il s’agit de transmettre au plus grand nombre les valeurs d’antifascisme, de patriotisme, de respect des droits de l’homme et de tolérance prônés par l’Institut.

L’IV-INIG organise régulièrement des rencontres de la mémoire. Il s’agit de visites de sites historiques à propos desquels Monsieur Hennemont a souvent témoigné dans les écoles. L’IV-INIG se rend souvent au Fort de Breendonk avec des groupes scolaires. Il apparait qu’il y a de moins en moins de personnes lors des commémorations et l’Institut souhaite redonner une nouvelle impulsion à cela pour créer une vraie communion entre l’ancienne et la jeune génération.

Il existe également un autre projet spécifique appelé « Too young » (« Trop jeune pour mourir ») qui consiste à ce que des jeunes parrainent des soldats tués, essentiellement des militaires belges. Il y a 21 cimetières de ce type en Belgique avec des pelouses d’honneur, ce que l’on retrouve dans presque tous les cimetières. L’IV-INIG essaie que les jeunes adoptent une tombe. Monsieur Hennemont rappelle qu’  « à Henri-Chapelle, il y a 7 783 tombes de G.I. américains tombés pour la liberté de la Belgique et qu’à Neuville-en-Condroz, il y en a exactement 5 880 ! »

C’est en souvenir de ces jeunes Américains, Anglais, Australiens, … venus se faire tuer loin de chez eux, et surtout afin de leur rendre hommage, que ce projet est accessible à tous (voir le site internet : www.warveterans.be).

En 2008, le « Train des Mille » a permis de réunir les écoles de tous les coins de la Belgique afin d’emmener 1 000 jeunes vers des lieux de commémoration tels que Dora et Buchenwald.

Des expositions ont été créées suite à cela. Une cinquantaine de grands panneaux mobiles sont régulièrement exposés dans les écoles. Le Centre Femmes / Hommes – Verviers souhaite présenter cette exposition dans les écoles de Verviers car il est indispensable de rappeler cette période de l’Histoire.

L’exposition présente deux facettes de la déportation : la déportation politique dont fut victime Monsieur Hennemont et la déportation raciale.

L’IV – INIG a également réalisé une grande carte des camps.

Monsieur Cardoen signale qu’il reste encore des veuves de combattants de 14 – 18 mais plus aucun homme survivant. Par contre, il reste encore des prisonniers de 40 – 45.

Il détaille les différents types de personnes qui ont été victimes de la guerre (vétérans, enrôlés de force, démineurs, prisonniers, tziganes, juifs, homosexuels, …).

Au niveau des camps, on en a répertorié environ 20 000. C’est énorme. De gros camps contrôlaient d’autres petits camps, appelés Kommandos (environ 8 000 prisonniers).

L’idée de répertorier tous ces camps est la conséquence d’un voyage vers les lieux de déportation en compagnie d’anciens détenus. A cette occasion, l’IV-INIG constata que les camps avaient presque totalement disparu. Il ne restait que d’immenses prairies et presque rien ne permettait de dire que ces lieux avaient été témoins de telles horreurs… Il fut donc décidé de les compter et d’y installer un mémorial en hommage aux milliers de victimes et aussi afin que les jeunes puissent y venir et perpétuer ainsi le devoir de mémoire.

Monsieur Cardoen décida de créer une grande carte des camps reprenant également les Kommandos. Il retrouva dans un musée une carte réalisée à la main, de manière très précise, par Monsieur Behalven, probablement employé dans ce musée. Monsieur Cardoen relança ses recherches à partir de 1 700 lieux environ et prit connaissance d’une liste composée de tous les prisonniers détenus dans les camps.

Son souhait était d’établir une carte non seulement historique mais également pour que le passé puisse servir (« The past may serve »). Son objectif était aussi éthique afin que tous puissent en prendre connaissance et comprendre l’histoire.

Tous les camps étaient différents car il existait des dizaines de lieux de détention en Allemagne nazie, et c’est vraiment très complexe.

L’IV-INIG procéda aux recherches et vérifia quel était la mission de ces camps (concentration, euthanasie, détention, travail, …). Tous purent être placés de façon très précise sur la carte. Tous les noms des détenus furent contrôlés. En Pologne, il y eut énormément de camps et les Allemands germanisèrent une grande partie de la Pologne. Sur la carte, le tracé des frontières a été effectué avant et après la conquête. Ainsi, on peut dire que cette carte des camps est très précise.

Monsieur Cardoen retrouva des listes et cela lui permit de créer des bases de données Excel. Il eut ainsi une multitude de données comparatives. De nombreux atlas furent utilisés. Concernant le site de Buchenwald, les données sont très fiables car ce sont des experts qui y ont travaillé (professeurs d’université, …).

Sur le site des communes où on retrouve des monuments aux morts, on sait automatiquement qu’il y a eu des détenus dans cette commune mais il subsiste des doutes pour l’existence de certains camps. Ensuite, les camps sont tous placés géographiquement sur la carte et on obtint après cela 2 100 lieux de détention. Il en existe près de 20 000 mais s’ils avaient tous été répertoriés sur la carte, il n’y aurait plus qu’une immense tache noire, et donc inexploitable pour les étudiants… Il y eut des camps dans toute l’Europe (Italie, Espagne, …).

Il y eut aussi de nombreux camps d’extermination … et il existait aussi des camps pour prisonniers de guerre, appelés des Stalags. Le régime était un peu moins sévère que dans les camps de concentration mais les prisonniers souffraient beaucoup malgré tout.

Hitler accéda au pouvoir en mars / avril 1933 et un mois après son accession, les premiers camps étaient construits.

Au début, on arrêtait les socialistes, les syndicalistes, les intellectuels, et essentiellement les gens de gauche. Pour finir, tout le monde se retrouva dans les camps. Le camp de Dachau a été le camp « modèle » dont tous les autres camps se sont inspirés. Dans les camps, les chefs de camp traitaient directement avec les SS. Dès 1939, on extermina les handicapés mentaux – les Polonais furent mis aux travaux forcés – les Juifs furent enfermés dans des ghettos pour travailler dans des ateliers clandestins.

Dès 1940, le système devint international et toutes les nationalités furent regroupées dans les camps. Tous se cotoyaient ; cela se passait mal ou bien !

En 1942, les plans de la « solution finale » furent établis. 1 300 000 personnes furent massacrées par balles. Un rapport de 200 pages sur les massacres fut établi et il répertoriait les personnes tuées, par village. C’était une liste administrative, identique à celles des abattoirs.

Comme cela devenait compliqué pour les soldats de tuer autant de personnes tous les jours, le gazage fut introduit. Il était versé sous forme de cristaux dans la chambre à gaz. Les prisonniers du Commando spécial retiraient les corps et comme ils étaient témoins de cela, ils furent exécutés. Le gaz causa la mort de 3 500 000 personnes.

Les jeunes de 21 à 45 ans étaient déportés pour le travail. Il existait « les marches de la mort ». C’était des marches de plusieurs centaines de kilomètres au cours desquelles une multitude de détenus furent exécutés car ils ne marchaient pas assez vite.

Monsieur Cardoen explique les différentes significations des écussons en forme d’étoile. Chaque couleur était attribuée à un type de prisonnier (bleu pour les apatrides, rose pour les homosexuels, vert pour les prisonniers de droit commun, noir pour les associaux, …). A ce jour, l’étoile rouge est toujours portée en mémoire des anciens prisonniers de guerre. Il est aussi le symbole de l’antifascisme.

La carte des camps fut complétée par une autre relative aux Stalags. Il y eut environ 8 000 lieux de détentions et 3 000 ghettos juifs en Pologne.

Le Père Desbois, mondialement connu, effectue des recherches à travers le monde pour retrouver les camps et les fosses et ainsi mettre à jour les listes des prisonniers tués.

Cette année, le Train des Mille rassembla 1 000 jeunes. Un train de 500 mètres de long avec 17 wagons ! La Présidente et son mari, Helmut Ernst, ont participé activement à ce projet. Le Premier Ministre Elio di Rupo est venu sur place à Auschwitz et a délivré un excellent message pour l’antifascisme.

Monsieur Cardoen nous fait remarquer que le camp de Buchenwald est un camp important qui se trouve à seulement à 6 heures de voiture de chez nous… C’est un camp très impressionnant, proche de Dora (camp souterrain creusé à la main). Les élèves qui l’ont visité ne reviennent plus tout à fait comme avant ; ils reviennent l’esprit empreint de gravité. Ainsi s’achève la présentation de l’Historien.

Alors vient le tour de Monsieur Hennemont de partager son vécu dans les camps d’Esterwegen et Dachau. Il fut déporté à l’âge de 19 ans et est aujourd’hui âgé de 89 ans.

Il présente les témoignages, dont le sien, de personnes remarquables qui ont séjourné dans le camp de Dachau.

Ensuite, il explique son travail et sa vie dans les camps. Il fut affecté au service de la désinfection électrique. Il avait perdu une quarantaine de kilos dans les camps par malnutrition… Il nous raconte qu’il était devenu comme un animal à cause des traitements subis. Battu pour un rien, Il était devenu agressif.

A Dachau, de 1933 à 1940, on recensa 23 nations, même des Américains et des Anglais. Personnellement, il portait le matricule 134914, cela signifie qu’il y eut énormément de détenus avant lui à Dachau. Son caractère optimiste lui fait dire que dans son malheur, il a toujours eu beaucoup de chance d’avoir pu échapper à la mort. Une philosophie qui n’est pas à portée de tous. Il avait la rage de vivre et un fort esprit de vengeance.

Il ne pourra jamais oublier ni pardonner. Il resta d’abord deux ans à Esterwegen puis fut envoyé à Dachau.

C’est l’armée belge qui s’occupa du rapatriement des détenus. Un voyage de 3 jours… au cours duquel il put enfin manger à sa faim après tant d’années de privations. Le dernier jour, il arriva Place Saint-Lambert à Liège et fut reçu à l’Hôtel des Invalides. Des médecins étaient là pour détecter d’éventuelles maladies. A son arrivée à Verviers, il reçut un gros colis de la Croix-Rouge puis il rentra enfin chez lui, au grand bonheur de sa mère.

Après ce témoignage si émouvant, le public posa de nombreuses questions à Monsieur Hennemont et ensuite, nous avons eu l’avantage de découvrir le reportage inédit réalisé par TV5 Monde lors du voyage du « Train des Mille » à Auschwitz en mai 2012. Celui-ci sera retransmis à des millions de spectateurs à travers le monde via les émetteurs étrangers.

Cette soirée rassemblant plus de 60 personnes fut très instructive et émouvante. Elle s’est terminée vers minuit tant les discussions étaient animées et intéressées.

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2010 – 3ème marche mondiale des femmes à Bruxelles

Pour la troisième fois le Collectif « FEMMES DEBOUT » de Verviers, dont est membre le Centre Femmes, a endossé son manteau de pèlerin en emmenant drapeaux, banderoles, tambourins et sifflets afin de prendre part à la grande Marche mondiale des Femmes à Bruxelles. La première avait eu lieu en l’an 2000 et la deuxième en 2005.

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Pour les militantes qui voulaient se rendre à Bruxelles, le Collectif « FEMMES DEBOUT » avait mis un car gratuit à leur  disposition.

Tout au long du cortège, les femmes pleines d’entrain et de bonne humeur chantaient et scandaient des slogans, leur but est de promouvoir l’égalité Femme / Homme et de faire cesser les discriminations entre les deux sexes.

Les femmes continuent à être victimes des violences partout dans le monde.  Il s’agit d’une caractéristique inhérente au système patriarcal dont les hommes et les Etats se servent pour contrôler la vie, le corps et la sexualité de la femme.

La violence est transversale aux classes sociales, aux âges, aux cultures, aux religions, aux situations géopolitiques, aux sphères sociales et privées.

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La violence à l’égard des femmes fait obstacle à la réalisation des objectifs d’égalité, de développement et de paix.  Elle constitue une violation des droits fondamentaux et des libertés fondamentales des femmes.  La violence à l’égard des femmes traduit des rapports de force historiques qui ont abouti à la domination des femmes par les hommes.  Les conséquences des violences se répercutent en premier lieu sur la santé des femmes (physique, psychologique, sexuelle).

Les femmes subissent de plein fouet les conséquences de la crise, mais elles ne se laisseront pas abattre.  Elles proposent des pistes pour faire changer les choses :

Stop aux violences, stop aux silences.

La force des femmes, une chance pour la paix.

Contre la misère, l’autonomie financière.

Les services publics ne sont pas à vendre.

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En Belgique 68 % des femmes sont victimes de violences conjugales ou physique au cours de leur vie et 1 femme sur cinq est victime de violences de la part de son partenaire.

Il est à espérer que la Belgique profitera de sa présidence de l’U.E. pour contrer toutes les formes de violences à l’égard des femmes et promouvoir les droits humains, surtout ceux des femmes.

En temps de guerre, ce sont les femmes et les enfants qui sont encore victimes sexuelles de tous ces débordements.  Il est impératif qu’un code de conduite contraignant soit imposé aux militaires et que des condamnations sévères soient imposées à ceux qui se perdent dans des abus sexuels et autres.

Par ailleurs, l’autonomie financière des femmes est primordiale pour faire face à leurs besoins et ceux de leurs enfants.  Les femmes demandent aux autorités belges de prendre des mesures urgentes afin de lutter contre la pauvreté de toutes les femmes.

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Nos services publics répondent à un besoin collectif de la population et c’est pourquoi, les femmes, responsables de l’alimentation et des soins à apporter à leurs enfants, demandent des services publics de qualité et à des prix raisonnables que ce soit au niveau des soins de santé, d’éducation et plus spécialement à l’accueil de la petite enfance et d’une eau saine pour tous.

Pendant sa présidence, la Belgique doit exiger de l’U.E. qu’elle retrouve son rôle de garant de la souveraineté alimentaire ici et dans le reste du monde.

N’oublions pas le cri de nos amies iraniennes qui chaque jours sont victimes des sévices de leur gouvernement.

Le monde doit changer … il peut changer…

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C’est pour cette raison que les femmes belges ont marché le 6 mars 2010 et qu’elles seront en marche tant que toutes les femmes ne seront pas libres !

Aux quatre coins de notre planète, des milliers de femmes partageant les mêmes valeurs d’égalité, liberté, solidarité, justice et paix marcheront pour faire entendre leur voix, démontrant ainsi la force de ce mouvement unique de solidarité internationale et d’actions féministes.