Rencontre conviviale en hommage à Guy Corneau – le 14/12/2017 à 14h00

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Guy Corneau nous invite à passer au crible les différentes possibilités qu’a une personne de se reconnecter avec soi-même, indépendamment des injonctions sociales, familiales et/ou culturelles qui formatent ses comportements suivant des attentes qui sont généralement présentes dans son inconscient.

 

L’être humain se laisse façonner par des attentes externes à lui (émanant de ses parents, de son entourage, du cadre scolaire ou de la société), pour satisfaire différents types de besoins :

 

  • un besoin de reconnaissance ;
  • un besoin d’appartenance et d’affiliation aux autres (affection) ;
  • un besoin de rencontrer l’approbation d’autrui.

 

Ces différents besoins régulent sa recherche d’un lien affectif, tout au long de sa vie. Ils le conduisent à produire des comportements attendus, voire normés, au mépris, parfois, de certains de ses besoins fondamentaux qui lui sont propres. Les choix qu’un être humain fait, respecte ainsi, plus ou moins, ses désirs, ses besoins personnels.

 

Si les choix qu’il privilégie se distancient de ceux qui refléteraient davantage sa « vraie » personnalité, ce que Guy Corneau entend par « le meilleur de soi », un conflit survient, qui peut provoquer des tensions, psychiques, mais aussi physiques, chez la personne.

 

Le corps peut traduire ces tensions, par des courbatures et des raideurs, telles une « cuirasse » qui camoufle le véritable soi qui peine à s’exprimer ou à se réaliser. C’est une souffrance qui ne peut se réduire que si la personne tente davantage d’être à son écoute.

 

Etre à son écoute, c’est reconnaître, dans le cas d’une souffrance, que certains de ses choix ne sont pas conscients et authentiques. Par exemple, Une personne qui ne dit mot et consent pour s’adapter à son conjoint fait fi de son besoin d’accéder à la parole et d’être entendu(e). Un partenaire toujours prêt à agir et à rebondir cherche peut-être à échapper à une crainte sourde de n’avoir personne sur qui s’appuyer, qui prendrait le relais.

 

C’est ainsi que dans des choix stéréotypés ou « réflexes », certaines personnes peuvent se rencontrer dans des formes complémentaires d’un même mal-être, et ne pas pouvoir véritablement exister (au sens le plus complet du terme), l’un(e) aux côtés de l’autre.  Cette complémentarité dysfonctionnelle peut aussi se retrouver avec sa famille, avec un emploi … Et laisser de côté des choix qui seraient davantage respectueux de la personne elle-même.

 

Guy Corneau insiste sur la difficulté d’accéder à un véritable changement. L’habitude vient prendre le pas là où le désir, le besoin personnel, n’a plus sa place. Dans cette situation, la compensation peut devenir une échappatoire (consommation d’alcool, de tabac, de nourriture, de friandises), voire même une compulsion (usage quotidien irrépressible). L’enjeu de ce type de comportements est de se trouver « un peu moins mal » plutôt que « vraiment mieux ».

 

En faveur du véritable changement, Guy Corneau préconise différentes pistes :

 

  • Ouvrir le champ de la parole (avec son entourage, ses proche, ensemble ou seul(e) en thérapie) ;
  • Retrouver l’élan vital par des souvenirs vivaces qui traduisent intérêt et la créativité de la personne, dans un certain registre (art de transmettre, de soigner, de construire ou de créer de façon artistique) ;
  • Retrouver un état de détente qui permette d’accéder au bien-être via des sensations agréables et apaisantes, propices à laisser émerger les goûts, aspirations et désirs refoulés de la personne ;
  • Etre en connexion avec l’ensemble des cinq sens pour apprécier, et prendre la mesure des belles choses (expérience vécue, expérience visuelle et esthétique etc.) qui sont présentes au sein de l’environnement proche ;
  • Bouger, vivre, expérimenter, être au contact d’un vécu et d’un ressenti personnels, pour goûter au meilleur de ce qui peut être appris par soi-même ;
  • Se rendre utile aux autres et ce faisant, participer à un épanouissement, une possibilité de réalisation qui dépasse sa seule personne. Se situer au monde, comme faisant partie de « quelque chose de plus grand » ;
  • Pouvoir identifier en soi-même les forces et les pensées reliées à l’habitude d’une action (synonyme de confort et de sécurité) et celles qui nous permettent d’expérimenter et de se déployer davantage vers l’extérieur, vers de nouveaux choix et de nouveaux possibles.

 

Ces différentes pistes ne demandent pas autant d’efforts qu’il n’y paraît, à première vue. La spontanéité de l’enfance et les émotions auxquelles il est laissé librement cours, sont autant de guides qui rapprochent la personne d’elle-même.

 

Enfin, savoir choisir de laisser émerger un désir, une impulsion, aussi petit(e) soit-elle, est toujours un premier pas qui rend davantage, à chacun(e), la liberté d’être soi-même.

 

Katja LONEUX,

Psychologue.